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Cet article est issu du dossier «Télécoms : à la recherche de nouveaux revenus»

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Économie

La RD Congo bientôt câblée

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Vodacom est numéro deux du marché, derrière Airtel.

Vodacom est numéro deux du marché, derrière Airtel. © Vincent Fournier/JA

Nouvelles applications, mobile banking, plan de conquête de la population rurale… À la veille du raccordement de la RD Congo à la fibre optique, les opérateurs sont dans les starting-blocks.

Le coup d’envoi de la connexion de la RD Congo au câble sous-marin à fibre optique du consortium West Africa Cable System (Wacs) ne saurait tarder. Bientôt, Kinshasa et Matadi pourront profiter du haut débit, grâce au backbone souterrain construit par la China International Telecommunication Construction Corporation entre Muanda (Bas-Congo) et la capitale congolaise. Lubumbashi, le chef-lieu du Katanga, devrait également bénéficier à court terme du haut débit, avec sa connexion au réseau sous-marin ultrarapide du consortium Liquid Telecom, qui irrigue une partie de l’Afrique australe et de l’Afrique de l’Est. « Le ministère, via l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes de RD Congo, a autorisé Liquid Telecom à déployer ce réseau au Katanga à partir de Kasumbalesa, ville-frontière avec la Zambie, où il est déjà arrivé », précise Tryphon Kin Kiey Mulumba, le ministre des Postes, des Télécommunications et des Technologies de l’information et de la communication.

Autant dire que les opérateurs de téléphonie mobile – l’indien Bharti, le sud-africain Vodacom, le français Orange RDC, la filiale du groupe luxembourgeois Millicom, Tigo, et le libanais Africell – attendent avec impatience que ces connexions soient effectives et que soit choisie l’entité qui assurera la gestion de la fibre optique et sa composition. Si les opérateurs penchent pour la création d’une coentreprise avec la Société congolaise des postes et des télécommunications, cette dernière entend occuper le terrain seule.

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VALEUR AJOUTÉE. Outre une plus grande rapidité d’accès à internet et des prix plus compétitifs – le coût des communications en RD Congo figure parmi les plus élevés d’Afrique -, la fibre optique permettra d’étendre et de rendre plus performants les services à valeur ajoutée de troisième génération (ou 3G – haut débit). Notamment à Matadi, Kinshasa, Lubumbashi et Goma. Lancés entre août 2012 et mai 2013 par Vodacom et Orange, suivis par Bharti Airtel et Tigo, ces services connaissent un énorme succès. La demande émane autant des entreprises que des jeunes, « grands consommateurs de réseaux sociaux, qui veulent de plus en plus envoyer des photos et accéder à leurs e-mails et à internet », souligne Jean-Léon Bonnechère, le directeur général d’Orange RDC. Parmi les nouveaux services offerts figure aussi le mobile banking.

En matière de services innovants à créer, Airtel compte sur son expérience et son vaste réseau pour capter une nouvelle clientèle. Fort de ses 2,5 millions d’abonnés, Orange mise lui sur le lancement d’un produit phare de mobile banking. Vodacom, le numéro deux (environ 7 millions d’abonnés) et Tigo (2,5 millions), dont le marché est limité au Bas-Congo et à Kinshasa, entendent également innover pour progresser sur le marché.

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POTENTIEL. La RD Congo ne compte que 20 millions d’abonnés, pour une population estimée à quelque 70 millions d’habitants, et ils se concentrent « sur les grands axes commerciaux que sont Kinshasa-Matadi, Kinshasa-Lubumbashi, et Lubumbashi-Goma-Kisangani », précise Dandy Yela, chargé des relations publiques et de la communication d’Airtel. Pour gagner des parts de marché, au-delà de la commercialisation de produits innovants, il reste aux opérateurs la possibilité de s’attaquer au milieu rural, un public rarement visé. Si son potentiel est estimé à 35 millions de clients environ, il est difficile d’accès et le coût des investissements y est d’autant plus élevé que la densité de population y est faible et l’énergie peu disponible. Un marché auquel s’intéresse néanmoins Airtel depuis 2012, le numéro un en termes d’abonnés, avec 8 millions de clients en RD Congo. « Nous allons développer le réseau en zone rurale dans les trois années à venir et recourir de plus en plus au solaire, y compris en milieu urbain, pour diminuer nos coûts », conclut Dandy Yela.

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