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Investissements directs étrangers : direction les pays émergents

Un chantier de construction à Luanda, en Angola.

Un chantier de construction à Luanda, en Angola. © Issouf Sanogo/AFP

Pour la première fois, le Sud a récolté plus de 50 % des IDE en 2010. Les multinationales n’y voient plus seulement des zones de production à bas coût, mais aussi des marchés de consommation croissants.

En voie de guérison, mais toute rechute n’est pas à exclure. C’est sans enthousiasme que la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), qui ausculte chaque année les flux des investissements sur la planète, a rendu son diagnostic. Dans son rapport 2011 sur « les investissements dans le monde » – publié le 26 juillet, il porte sur l’année 2010 –, les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont augmenté de 5 %, pour s’établir à 1 244 milliards de dollars (environ 940 milliards d’euros).

Après avoir touché le fond en 2009, les IDE remontent donc peu à peu la pente. « La reprise est encore faible et n’est pas généralisée. Les investisseurs restent dans l’expectative », note Quentin Dupriez, de la division investissement et entreprises de la Cnuced. Et ce n’est qu’en 2013 (voir infographie) que les IDE devraient retrouver leur niveau record de 2007 : 1 900 milliards de dollars.

Tous les continents ne sont pas logés à la même enseigne (voir carte ci-dessus). Pour la première fois, en 2010, les pays en développement et en transition sont devenus « les nouveaux poids lourds » : ils ont attiré près de 53 % des IDE. « Sur les 20 premiers pays d’accueil en 2010, la moitié sont des pays en développement et en transition. Ils sont aussi 6 à figurer parmi les 20 premiers investisseurs mondiaux », détaille Quentin Dupriez.

Les pays d’Asie du Sud, d’Asie de l’Est et d’Asie du Sud-Est, avec la boulimique Chine (50 % des IDE de la zone), sont les plus dynamiques. Ils continuent à bénéficier des délocalisations opérées par les multinationales occidentales à la recherche de pays à bas coûts de production. Après le textile dans les années 1980, l’électronique dans les années 1990, c’est l’externalisation de services qui accélère le phénomène depuis cinq ans.

Mais un deuxième phénomène, plus récent, explique l’attractivité croissante des pays émergents. « L’Inde, la Russie, le Mexique, la Corée du Sud sont devenus, avec l’émergence de classes moyennes, des centres de consommation très élevés. Ces pôles attirent désormais les multinationales occidentales qui viennent y produire et satisfaire la demande des marchés locaux », explique Quentin Dupriez.

À la peine

De leur côté, l’Afrique et l’Asie occidentale, avec un recul respectif de 9 % et de 12 % des IDE, sont à la peine. Le Qatar (– 32 %) et l’Arabie saoudite (– 12 %) ont été pénalisés par le gel de plusieurs mégaprojets ; la Turquie a tiré son épingle du jeu (+ 30 %). En Afrique, la situation est contrastée. Les flux ont reculé pour la deuxième année consécutive en Afrique du Nord (17 milliards de dollars). Et rien n’indique que la situation s’améliorera en 2011. « Il n’y a eu aucune grosse opération de fusion-acquisition dans la région au cours des cinq premiers mois de 2011. Et la baisse du tourisme maintient une surcapacité hôtelière qui n’incite pas à investir », note Quentin Dupriez.

Au sud du Sahara, les hydrocarbures et les mines dominent (43 % des IDE), devant les produits manufacturés (29 %) et les services (28 %). Si les investissements ont reculé dans l’ouest et le sud du continent, ils ont doublé en Afrique centrale et en Afrique de l’Est en 2010 (8 milliards de dollars). Il n’empêche. Avec 4,4 % des IDE, le continent reste un acteur minime à l’échelle de la planète.

 

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