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2011, un ramadan sous le signe de la révolution

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Au sud du Sahara, la vie ne s’arrête pas pendant le ramadan

Au Mali, au Sénégal ou au Tchad, le ramadan a moins d’impact qu’au Maghreb sur les entreprises. Pour tourner à plein régime, celles-ci s’appuient parfois sur la minorité chrétienne.

Mis à jour le 18 août 2011 à 13:24

Au sud du Sahara, la vie ne s’arrête pas pendant le ramadan. © AFP

« Au Sénégal, l’impact du ramadan est moins prégnant qu’au Maroc, la vie ne s’arrête pas », estime le Franco-Sénégalais Alioune Guèye, patron du cabinet de conseil Afrique Challenge, à Casablanca. Certaines sociétés mettent cependant en place des mesures pour garder une bonne qualité de service, en s’appuyant notamment sur la minorité chrétienne, qui représente entre 6 % et 12 % de la population. C’est le cas du centre d’appels TRG de Dakar (237 salariés) : « Nous avons 30 % de chrétiens parmi nos salariés. Pendant le ramadan, nous les affectons prioritairement à la réception d’appels internationaux, sur des contrats où le service ne saurait tolérer aucune interruption, même à l’heure de la rupture du jeûne », détaille Oumar Gning, directeur des ressources humaines (DRH).

Les entreprises sénégalaises ont aussi l’habitude de cotiser pour améliorer le ndogou (repas de rupture du jeûne, en wolof) et favoriser la cohésion sociale : « Cette année, nous avons donné 450 000 F CFA [686 euros, NDLR] à la commission constituée pour le ramadan. Avec ce pécule, ajouté aux cotisations des salariés, elle achète dattes et laitages, prépare les plats traditionnels et les redistribue », précise Oumar Gning.

Laïcité

Au Mali, très majoritairement musulman, les entreprises affichent leur attachement à la laïcité : « Nous nous conformons aux horaires réglementaires de l’été, de 7 h 30 à 16 h 30, et n’organisons pas de manifestation particulière à cette occasion », affirme Mohamed Mansouri, DRH adjoint de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma).

La même attitude prévaut au Tchad, qui compte environ 55 % de musulmans et 35 % de chrétiens : « En été, la plupart des travailleurs finissent à 16 heures, soit deux heures avant la rupture du jeûne, explique Mahamat Adoum Ismaël, président de Cotontchad. C’est amplement suffisant pour s’y préparer. Nous ne prévoyons ni changements d’horaires, ni panier de ramadan, d’autant que nous comptons une majorité de chrétiens sur nos principaux sites, dans le sud du pays. »