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AlphaMena, franc-tireur de l’analyse financière

La Bourse de Dubaï. © AFP

Basé à Tunis, le cabinet AlphaMena a fait de l’indépendance son credo. Misant sur un modèle novateur et fort du soutien du français AlphaValue, il ambitionne de s’imposer comme une référence sur l’ensemble des places arabes.

Opérationnel depuis mai, le cabinet AlphaMena, basé à Tunis, est bien décidé à bousculer le secteur de l’analyse financière en Afrique du Nord. Mieux : il ambitionne de s’imposer dans les trois ans comme une référence sur l’ensemble du monde arabe, du Maroc aux Émirats arabes unis. Son credo pour séduire les investisseurs : proposer des recommandations de manière indépendante. Car, contrairement aux courtiers, le cabinet n’est pas in fine commissionné sur les ordres d’achat. « Le cas de Carthage Cement à la Bourse de Tunis est la meilleure preuve de notre liberté de ton : à ce jour, contrairement aux autres, nous estimons que cette société est largement surévaluée par le marché », explique Kais Kriaa, président du directoire.

Un souci d’indépendance qui se traduit d’abord par le mode de gouvernance choisi. Ainsi, même s’il en est l’initiateur et l’actionnaire de référence, Khaled Zribi – par ailleurs fondateur de l’intermédiaire boursier Compagnie Gestion Finance – n’influe pas sur les recommandations du cabinet. Son seul rôle est de siéger au conseil de surveillance, assure Kais Kriaa.

Plus encore, la crédibilité d’AlphaMena vient de la présence au sein de son capital d’AlphaValue. Fondée en 2007, cette société française a intégré en quelques années le gotha de l’analyse financière européenne, en suivant en permanence 500 entreprises parmi les plus importantes du Vieux Continent. Séduit par le projet de Khaled Zribi, son PDG, Pierre-Yves Gauthier, n’a pas hésité à mettre à disposition de son partenaire tunisien l’ensemble de ses outils mathématiques.

« À partir des performances d’une entreprise, les analystes d’AlphaMena établissent des projections, puis leur traitement aboutit de manière automatisée à la fixation d’un prix cible et d’une recommandation. C’est une approche très moderne, car personne ne connaît à l’avance la valorisation de l’entreprise. Ce système permet d’homogénéiser le traitement des différentes valeurs en fonction des autres acteurs de leur secteur et de diminuer la part de subjectivité », explique Kais Kriaa.

Semaine après semaine, le modèle utilisé par AlphaMena suscite de plus en plus d’intérêt : le spécialiste de l’information financière Bloomberg reprend depuis peu les analyses du cabinet sur son site internet, et plusieurs contacts ont été établis de manière informelle avec des collaborateurs de la banque HSBC ou du groupe de gestion Fidelity, acteur majeur de la finance mondiale. Et en Tunisie ? « Je ne m’attends pas à être prophète en mon pays », lâche Kais Kriaa.

Au prix fort

Il faut avouer qu’AlphaMena fait payer ses services au prix fort : environ 11 150 euros pour un abonnement annuel destiné aux professionnels et donnant droit, dès la fin de 2011, au suivi d’une centaine de valeurs (près de 60 aujourd’hui) ; et 120 euros pour un service simplifié destiné aux particuliers. « Notre champ d’analyse sera unique. Nos concurrents internationaux présents sur le Moyen-Orient et l’Afrique négligent souvent les places tunisienne et marocaine. Ils oublient que la valorisation de la Bourse de Casablanca est plus importante que celle du Caire », justifie Kais Kriaa.

Pour atteindre ses objectifs de rentabilité d’ici à trois ans, AlphaMena propose aussi un certain nombre d’analyses sur demande. Par exemple, de manière confidentielle pour le compte de fonds d’investissement souhaitant déterminer la valorisation d’une entreprise non cotée, ou de façon publique à la demande d’entreprises cotées à la recherche de publicité. Mais, dans ce dernier cas, le contrat est clair : rien ne peut influencer la recommandation du cabinet. Indépendant, on vous dit. 

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