Dossier

Cet article est issu du dossier «La nouvelle vie des riches»

Voir tout le sommaire
Société

Maroc : un été en pente douce pour les nantis à Marrakech

À Marrakech, le tourisme est baisse depuis l'attentat du 28 avril. © AFP

La torpeur estivale s’est abattue d’un coup sur la Ville ocre, après un mois de mai pluvieux. Conséquence de la canicule, Marrakchis et visiteurs se font rares dans les rues.

Les passants devisent de la chaleur et lancent des pronostics : 49 °C, 53 °C ? Les noceurs marocains, eux, investissent les villas avec piscine où l’on peut continuer la soirée entamée la veille. « C’est plus convivial, plus intime. On peut poursuivre la fête à l’ombre, avec le confort du service domestique », détaille Camélia, jeune bourgeoise marrakchie. Chaleur, sieste, farniente, il n’est question que de température pour cette faune noctambule qui vit à rebours du rythme solaire.

La nuit tombée, vers 23 heures, précise notre fêtarde, c’est l’heure de l’apéro. Direction le quartier chic de L’Hivernage, où se concentrent les lieux à la mode comme le So ou le Lotus Club. Dans ce milieu où tous se connaissent, et se fréquentent évidemment, peu de place pour les rencontres imprévues. Camélia évoque une « routine ». La sélection se fait d’abord par le porte-monnaie. Côté boîtes, la bouteille démarre à 1 800 dirhams (environ 150 euros), soit le salaire mensuel des serveurs qui saluent pourtant ces happy few avec déférence. Mais derrière l’ennui des uns et l’obséquiosité des autres, la colère gronde.

Déprime

Les scandales récents qui ont secoué le landerneau français ont éclaboussé Marrakech (affaire DSK, accusations de Luc Ferry contre un ancien ministre). Et l’attentat du 28 avril, qui a tué 17 personnes, a atteint le moral des jeunes Marrakchis. Résultat : fréquentation touristique en baisse, moins de fêtes folles. « Les gens de la haute restent chez eux », constate, amer, un jet-setteur qui aime jouer au blasé. Côté professionnels, le constat est alarmant. « Les mois de mai et juin ont connu des baisses de fréquentation des hôtels, restaurants, boîtes et cabarets de l’ordre de 40 % à 60 % », livre un fonctionnaire de la wilaya, qui déplore l’absence de communication de crise.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte