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Cet article est issu du dossier «Congo : poussée de croissance»

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Congo : le pays mise gros, les opérateurs aussi

Carte des principaux projets d'exploration/exploitation des minerais de fer. © J.A.

Les autorités ont mis le paquet sur le potentiel minier, en particulier ferreux, encore fort peu exploité au Congo. L’entrée en production des premiers grands sites est prévue d’ici à deux ans.

La stratégie de développement du secteur minier congolais commence à donner des résultats. Hormis quelque 16 000 tonnes de cuivre, extraites dans la Bouenza (Sud) par la Société de recherche et d’exploitation minière, filiale de l’américain Gerald Metals, la production n’a pas encore démarré à grande échelle sur ces nouveaux projets. Quelques-uns devraient cependant entrer en phase d’exploitation d’ici à trois ans.

Sur une cinquantaine de permis de recherche attribués au cours des cinq dernières années, 19 portent sur des explorations aurifères, dont 1 octroyé à la société chinoise Zhong Jin Hui Da Beijing Investment Co., dans la Cuvette-Ouest, et 9 sur les minerais de fer.

 

Les autres programmes miniers majeurs portent sur la potasse et l’uranium. Dans le Kouilou, près de Pointe-Noire, MagMinerals Potasses Congo (MPC), une filiale du canadien MagIndustries – dont le rachat par le groupe chinois Evergreen Industries, annoncé en avril, a été finalisé fin juillet –, développe le projet Mengo, dont le coût est estimé à 1 milliard de dollars (près de 700 millions d’euros). L’usine devrait voir le jour en 2012. Elle produira 1,2 million de tonnes de potasse par an. Cominco SA, filiale du canadien Cominco Resources, a pour sa part lancé des travaux d’exploration sur les sites du permis Kolatchikanou (uranium) et du permis Hinda (phosphate et uranium), à Mboukou, à 50 km de Pointe-Noire. 

Recherche, formation, et plus si affinités

Un vaste programme de cartographie géologique et d’inventaire des ressources minérales va prochainement être lancé par le ministère congolais des Mines, avec l’appui technique du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) français et le soutien de Total E&P Congo pour la logistique. Un projet qui durera cinq ans et utilisera les méthodes les plus modernes d’évaluation. L’occasion de former des étudiants congolais à ces techniques de pointe pour répondre aux objectifs de professionnalisation du nouveau système licence-master-doctorat (LMD), et ce « sur le terrain comme dans les laboratoires qui seront mis en place ou relancés dans le cadre de ce programme », explique Louis Marie Djama, le directeur général des mines. Pour l’heure, la faculté des sciences de la terre de l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville forme une centaine d’étudiants en licence. M.D.

Australiens en tête

La prospection est désormais active dans la plupart des départements. Pour l’heure, seules quelques sociétés ont mis en place de véritables projets, en particulier dans la filière fer, l’une des plus prometteuses, où dominent les investisseurs australiens. Les cours mondiaux de ce minerai sont en hausse, dopés par la demande chinoise. « Les gisements de fer les plus importants sont situés dans la Sangha, le Niari et la Lékoumou », précise Louis Marie Djama, le directeur général des mines.

Dans la Sangha (Nord), Congo Iron, filiale de l’australien Sundance Resources (présent au Cameroun dans le projet de Mbalam), opère près du mont Nabemba, au sud de Souanké. La société a finalisé les travaux d’exploration et prévoit d’investir 600 millions de dollars dans le développement du projet. La mine à ciel ouvert, dont les réserves sont estimées à 210 millions de tonnes de fer à haute teneur, produira environ 21 millions de tonnes par an à partir de 2014.

Frontière gabonaise

Dans le Nord-Ouest, près de la frontière avec le Gabon, le projet Avima est conduit par Core Mining Congo, filiale de l’australien Core Mining (dont le sidérurgiste russe Severstal est actionnaire à hauteur de 16,5 % du capital depuis mai 2010), qui opère aussi au Gabon (projet fer Kango). Après avoir investi 40 millions de dollars dans l’exploration, Core Mining Congo compte injecter quelque 100 millions de dollars dans un programme de forage. L’exploitation devrait démarrer en 2015, avec une production attendue de 20 millions de tonnes par an.

Quand les compagnies croisent le fer

Construction d’infrastructures ferrovières, partenariats : pour desservir leurs concessions, les sociétés se démènent.

L’évacuation des futures productions minières est un vrai casse-tête. Pas d’autres moyens que de réhabiliter les voies ferrées existantes ou d’en créer de nouvelles. MPD-Congo planche sur le projet de construction d’une nouvelle voie ferrée de 350 km depuis Zanaga jusqu’à un port proche de Pointe-Noire. Pour acheminer les minerais de fer depuis Mayoko jusqu’au port de Pointe-Noire, DMC Iron et Equatorial Resources négocient quant à eux avec le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) pour obtenir l’autorisation d’utiliser ses voies. En contrepartie, ils s’engagent à adapter les structures ferroviaires du CFCO entre Dolisie et Pointe-Noire et à réhabiliter l’ancienne voie de la Comilog entre Mbinda et Dolisie. Dans le nord du pays, l’évacuation du minerai de fer passera par le Cameroun. Congo Iron prévoit en effet de construire une voie ferrée entre son site de Nabemba et celui de Mbalam, situé au Cameroun, à quelques kilomètres, où opère Cam Iron, autre filiale de Sundance Resources. M.D.

Toujours dans le Nord-Ouest, au sud d’Avima, le projet Badondo est développé par l’australien Equatorial Resources Ltd. Dans la Cuvette-Ouest, des prospections ont été engagées par l’australien Waratah Resources Ltd (permis Youkou) et par Equamineral (permis Oyabi et Kéllé).

L’autre grande zone ferrugineuse se trouve dans la partie sud du pays, où plusieurs projets sont en développement. Dans le Niari, Equatorial Resources Ltd opère sur le projet de Mayoko-Moussondji, voisin du permis d’exploration de DMC Iron Congo (filiale de l’australien African Iron), baptisé Mayoko-Lékoumou. DMC Iron, qui entame la construction d’une base logistique à Léhala et la réhabilitation de la piste d’atterrissage de Simba-Léhala, prévoit de démarrer la production en 2013. Au total, 1,5 milliard de tonnes de minerai devraient être extraites du gisement, dont la durée de vie est estimée à plus de cent ans.

Zanaga, mégaprojet

Un troisième grand projet est en développement à Zanaga, dans la Lékoumou. Il est conduit par Mining Projects Development Congo (MPD-Congo), une coentreprise associant Zanaga Iron Ore Company (immatriculée aux Îles vierges britanniques) et le suisse Xstrata. 

MPD-Congo entamera dès 2012 la construction des infrastructures nécessaires (mines, chemin de fer et port près de Pointe-Noire), dont le coût est évalué à 6 milliards de dollars. L’exploitation pourrait démarrer en 2016, avec une production annuelle de 45 millions de tonnes de minerais concentrés.  

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