Culture

Côte d’Ivoire : Issouf Sanogo, témoin oculaire

Pour Issouf Sanogo, l'année 2011 a été bien compliquée. © Benedicte Kurzen/VII Network pour JA.

Depuis dix ans, Issouf Sanogo photographie pour l’AFP les mutations de la vie politique ivoirienne. Il expose ses clichés, du 27 août au 11 septembre 2011, au festival international de photojournalisme Visa pour l’image.

« Pour moi, c’est important que la Côte d’Ivoire soit exposée à Perpignan cette année », lance Issouf Sanogo, photographe de l’Agence France-Presse (AFP). La ville du sud de la France qui accueille la 23e édition du festival international de photojournalisme Visa pour l’image met l’Afrique à l’honneur, après une année riche en actualité aussi bien dans le monde arabe qu’en Afrique subsaharienne.

Les clichés d’Issouf Sanogo retracent les coups d’État, élections et crises dont il est le témoin depuis 1999. « Si les Français connaissent peu l’Afrique, ils ont au moins entendu parler de la Côte d’Ivoire. Avant la crise, en bien. Ensuite, en moins bien », explique le photographe, qui participe à ce rendez-vous incontournable du photojournalisme pour la première fois. « Les conditions de travail ont été très dures pour l’agence cette année », reconnaît-il. Ainsi, le 31 mars dernier, il a quitté son bureau sans savoir qu’il ne pourrait pas y remettre les pieds durant un mois. Pourtant, malgré ce contexte souvent rude, les photos sont là.

Violence

Sur les murs du couvent des Minimes de Perpignan, des tenues aux couleurs chatoyantes et des visages de femmes côtoient les images de cette violence qui a longtemps hanté les rues d’Abidjan. Un Laurent Gbagbo tirant la langue précède un portrait de sa femme, Simone, tout sourire, mais c’est avec une photo de l’investiture d’Alassane Ouattara que s’achève l’exposition.

Né en 1964 à Agboville, à 80 km d’Abidjan, Issouf Sanogo a « appris la photo presque sur le tas », puis pris des cours au département photo des Beaux-Arts d’Abidjan en 1983-1984. Il a commencé à travailler comme pigiste pour plusieurs journaux locaux, dont Fraternité Matin et Ivoir’Soir, le premier quotidien du soir du pays. Ce n’est qu’en 1991 qu’il a enfin réussi à entrebâiller la porte du photojournalisme. La publication de ses images, au lendemain des soulèvements contre le président Félix Houphouët-Boigny, a attiré le regard de l’AFP et il a été embauché au bureau régional d’Abidjan. La Côte d’Ivoire n’est pas son seul terrain de prédilection car, depuis 2003, il est devenu coordinateur régional pour l’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique centrale, après avoir couvert la guerre civile au Liberia et celle au Sierra Leone.

À Perpignan, ce chasseur d’images a retrouvé des confrères du monde entier avec lesquels il partage bien des préoccupations – et en premier lieu la défense du photojournalisme. « Avec le numérique, internet, tout le monde est devenu photographe. Ce n’est plus comme avant, souligne-t-il. Mais ce n’est pas un métier qui va disparaître tout de suite. Il y a plus de concurrents, c’est tout. On aura toujours besoin d’images. »

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