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Sécurité aérienne : les transporteurs africains sur la liste noire européenne

Sur la liste noire de l’Union européenne, les autorités et transporteurs africains figurent en nombre. Pour lever cette mise à l’index, ils s’emploient à améliorer la sécurité.

Le 21 novembre, l’Union européenne (UE) publiera, comme tous les ans, la liste actualisée des compagnies aériennes bannies du Vieux Continent. En 2010, 126 des 270 opérateurs concernés venaient d’Afrique, ainsi que 14 pays sur les 20 épinglés. La RDC, l’Angola et le Bénin sont les États du continent qui comptent le plus grand nombre de compagnies interdites.

Même si les dessertes européennes représentent une petite part des revenus des transporteurs montrés du doigt, nombre de patrons estiment qu’elles contribuent à leur rentabilité. Figurer sur une liste noire implique pour les entreprises des coûts supplémentaires, notamment en ce qui concerne les assurances. De fait, de plus en plus de transporteurs régionaux investissent pour obtenir des certificats de type Iosa (Iata Operational Safety Audit) confirmant qu’ils respectent les normes en matière de sécurité et de sûreté aérienne. C’est notamment le cas d’Air Burkina et d’Air Mali.

Suspensions

Être "blacklisté" implique des coûts supplémentaires, en terme d’assurance notamment.

Via les autorités nationales d’aviation civile, les États deviennent eux aussi plus exigeants. Ainsi, au Gabon, où plusieurs compagnies sont « blacklistées », le gouvernement a pris un train de mesures en juin dernier, après l’accident à Libreville d’un avion-cargo Antonov 26.

Parmi celles-ci, « l’interdiction formelle de vol et de survol de l’espace aérien gabonais par tous les avions de type Antonov 12, 24, 26, et l’obligation d’immatriculation locale de tous les appareils des compagnies aériennes de droit gabonais, en vue d’une meilleure traçabilité de la navigation aérienne », explique Julien Nkoghé Békalé, le ministre des Transports. Après un audit réalisé auprès des transporteurs aériens gabonais, l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac) a également suspendu six compagnies domestiques qui ne répondaient pas aux normes de sécurité. Par ailleurs, pour se donner toutes les chances de sortir de la liste noire de l’UE, l’aviation civile du pays est en train de revoir le processus de délivrance des licences et des certificats de transporteur aérien (CTA).

Au total, si la filière aérienne du continent fait des efforts pour relever le niveau de sécurité, elle estime que la liste noire de l’UE ne sert qu’à détruire son image et à favoriser les transporteurs occidentaux. D’autant que le nombre d’accidents en Afrique est passé de plus de 7 par million de départs à environ 1,5 entre 2005 et 2010. Reste que ce chiffre est encore supérieur à la moyenne mondiale, qui se situe en dessous de 1 accident par million de départs. 

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