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Urbanisme : des racines et des villes

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Brahim Ramdane : « la qualité de l’eau est meilleure »

Directeur général de la Camerounaise des eaux

Mis à jour le 9 décembre 2011 à 15:59

La Camerounaise des eaux (CDE) est une coentreprise entre les marocains Onep, Delta Holding et la Caisse de dépôt et de gestion. Retour sur ses trois ans de collaboration avec la compagnie nationale camerounaise, la Camwater.

Jeune Afrique : Le Cameroun est à la traîne en matière d’accès à l’eau potable…

BRAHIM RAMDANE : C’est en effet un motif de préoccupation pour les populations, Yaoundé en particulier subissant une forte pénurie. Pour y remédier, le gouvernement a entrepris de renforcer la desserte dans une centaine de centres d’affermage à travers le pays, dont la mise en service, engagée depuis 2009, doit se poursuivre jusqu’en 2015. L’objectif est de porter le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain de 35 % à 60 %.

Plusieurs projets, d’un montant total estimé entre 300 milliards et 400 milliards de F CFA [entre 457 millions et 610 millions d’euros, NDLR], sont en cours, dont un programme d’adduction d’eau à Yaoundé et dans trois villes secondaires. La construction d’une usine d’eau potable sur la Mefou, d’un coût évalué à 72,2 milliards de F CFA, doit notamment permettre d’augmenter de 50 % la production d’eau à Yaoundé, pour passer de 100 000 à 150 000 m3 par jour. À Douala, la réhabilitation des infra­structures et la création de nouveaux équipements de production ont déjà permis de porter la production journalière à 180 000 m3 par jour.

Comment s’articule le partenariat avec l’État ?

L’Onep [Office national de l’eau potable marocain] intervient dans le cadre d’un contrat d’affermage, sa filiale, la CDE, étant désignée comme société d’exploitation, aux côtés des principaux acteurs nationaux que sont le ministère de l’Énergie et de l’Eau et la Cameroon Water Utilities Corporation [Camwater].

La CDE apporte son expertise technique pour la gestion de l’eau potable, le renouvellement de l’outil industriel et le développement du secteur. La Camwater s’occupe, elle, du volet investissement. Ce schéma de partenariat présente l’avantage d’être jugé crédible par les bailleurs de fonds. Trois ans après l’arrivée de l’Onep, sur un programme d’investissement de plus de 300 milliards de F CFA, la Camwater en a déjà mobilisé les deux tiers.

Quelles sont les répercussions pour les populations ?

Notre partenariat a permis au pays d’améliorer son offre. La qualité de l’eau est meilleure, les délais d’attente pour les branchements ont été réduits de plusieurs mois à deux ou trois semaines. La densification du réseau aidant, le nombre de clients a nettement augmenté. L’activité d’assainissement de base reste en revanche embryonnaire, mais des projets sont à l’étude, et la CDE pourrait être sollicitée. 

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Propos recueillis par Clarisse Juompan-Yakam