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Cet article est issu du dossier «Mauritanie : entre modernité et fragilité»

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Mauritanie : le secteur minier en plein boulversement

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En deux ans, la découverte de nouveaux gisements et les investissements engagés par les opérateurs ont bouleversé le secteur minier mauritanien.

Depuis la fin de 2009, le secteur minier mauritanien connaît un fort dynamisme. Les réformes engagées ont permis de découvrir des gisements, des minerais, et d’attirer des opérateurs dont les investissements conséquents promettent une croissance particulièrement forte des différentes filières à court et à moyen termes. Si ses activités n’ont augmenté que de 0,8 % en 2010, le secteur a contribué à près de 24 % du PIB (contre 20 % en 2009), grâce à l’augmentation considérable des prix des métaux sur les marchés internationaux : + 60 % pour le fer, + 46 % pour le cuivre, + 26 % pour l’or.

L’événement qui a révolutionné le secteur minier mauritanien ces derniers mois reste l’acquisition du canadien Red Back Mining par son compatriote Kinross Gold Corporation, en septembre 2010, pour le développement du gisement aurifère de Tasiast (plus de 7 milliards de dollars, soit 5 milliards d’euros).

Après de premières études menées par l’Office mauritanien de recherches géologiques (OMRG) dans les années 1990, ce gisement à ciel ouvert situé à 300 km au nord de Nouakchott a changé de mains à plusieurs reprises depuis son entrée en production, en 2008.

En mai 2011, Kinross a lancé un programme d’investissement de 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) sur trois ans (2011-2014) pour faire de cette mine la plus importante du monde (ses réserves prouvées sont de 7,6 millions d’onces d’or). De 160 000 onces d’or (environ 5 tonnes) en 2010, la production devrait atteindre 275 000 onces (environ 8 t) dès 2012, avec des perspectives de production de 32 t par an en 2014 et la création de 3 000 emplois en trois ans.

Modernisation

Première entreprise du pays (avec plus de 4 500 emplois directs et un chiffre d’affaires de 1,9 milliard de dollars en 2010), la Société nationale industrielle et minière (Snim) a engagé quant à elle un grand programme de développement et de modernisation. Deuxième producteur de minerai de fer du continent, avec 11,2 millions de tonnes produites en 2010, la Snim a pour objectif d’augmenter sa production annuelle de 4 millions de tonnes à partir de 2013, pour atteindre 18 millions de tonnes en 2014 et 25 millions à l’horizon 2018.

D’un coût de plus de 1 milliard de dollars, le programme de modernisation s’articule autour du projet Guelb II, qui couvre notamment l’extension de la mine existante, la construction d’une usine d’enrichissement des minerais de fer d’une capacité de 4 millions de tonnes par an, ainsi que celle d’un nouveau port minéralier à Nouadhibou. Il a également permis à la société d’obtenir, en mai 2011, la certification ISO 14001 pour son système de management environnemental.

Concernant la production de cuivre (36 610 t en 2010), elle est entièrement assurée par la Mauritanian Copper Mines (MCM), qui a lancé en 2010 un plan d’investissement de 106 millions de dollars visant à doubler sa capacité de production. La société a par ailleurs produit 92 000 onces d’or (environ 3 t) l’an dernier. La société indienne Bofal Indo Mining Company (BIMC, dont l’État détient 30 %) développe les gisements de phosphates de Bofal et de Loubeira. La production initiale prévue est de 1 million de tonnes par an à partir de 2012. BIMC est par ailleurs en train de construire une usine de traitement d’acide phosphorique, qui devrait être opérationnelle en 2013.

Enfin, la Mauritanian Minerals Company (MMC, dont l’État détient 10 %) lance la production de quartz à Oum Agneina (près de Nouadhibou), dont elle devrait extraire environ 300 000 t d’ici à 2014. Un minerai à très haute teneur en silice, dont le prix international a flambé en raison de ses multiples usages, notamment en microélectronique.

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