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Côte d’Ivoire : International Aircraft services veut mettre les gaz

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Opération d'évacuation sanitaire depuis une plateforme.

Opération d'évacuation sanitaire depuis une plateforme. © D.R.

L’ivoirien International Aircraft Services est l’un des rares acteurs africains sur le marché du transport par hélicoptère. Il cherche à lever des fonds pour renforcer sa compétitivité face à ses concurrents occidentaux.

Discret sous-traitant de grands groupes, notamment dans le pétrole, International Aircraft Services (IAS) n’en est pas moins un phénomène dans son secteur. La société de services aériens, née en Côte d’Ivoire en 1981 sous le nom d’Ivoire Hélicoptère, est devenue un groupe fort d’une flotte de 23 appareils, dont 3 avions. Le holding, qui a affiché un chiffre d’affaires de 13 milliards de F CFA (19,8 millions d’euros) en 2010, est composé de trois sociétés : IAS, basé en Côte d’Ivoire et (depuis un an) au Liberia, la structure historique Ivoire Hélicoptère, et Volta River Aviation, installé en 2003 au Ghana. Les mines, l’agriculture, l’énergie (entretien des réseaux électriques) et, surtout, le pétrole (44,5 % du chiffre d’affaires) constituent les principaux secteurs d’intervention du groupe, qui assure le transport de personnel, de minerai, ou l’épandage. Au Liberia, IAS travaille par exemple pour ArcelorMittal et ponctuellement pour Vale ou BHP Billiton.

L’entreprise a aussi profité des découvertes d’or noir au large d’Accra, notamment par la compagnie britannique Tullow Oil dans le champ Jubilee. « Nous avons travaillé avec eux durant les trois années de développement », explique ainsi Hugues Moreau, directeur général d’IAS. « Mais nous avons perdu le dernier appel d’offres, pour la phase de production, car nous ne disposions pas des appareils nécessaires », dit-il sans regret. C’est le belge NHV qui a remporté la mise ; il disposait de la dernière génération d’aéronefs Eurocopter (Dauphin N3) pour le transport d’une dizaine de passagers.

Groupe familial

Si le chiffre d’affaires du groupe IAS progresse (+ 7 % attendus pour 2011), suivant le boom des secteurs pétrolier et minier dans la région, Hugues Moreau – fils du fondateur, Raymond Moreau, 76 ans – ne veut pas aller trop vite. « Nous souhaitons d’abord répondre correctement aux besoins de nos clients. Pour cela, nous allons emprunter 10 millions de dollars [7,5 millions d’euros, NDLR] avant la fin de l’année [des négociations sont en cours auprès de trois établissements : Bicici, SGBCI et Africinvest]. Nous investirons dans deux hélicoptères Dauphin N3 et des équipements de sécurité, précise-t-il. Nous sommes l’une des plus importantes sociétés africaines du secteur, mais nous n’avons pas encore les moyens des américaines ou des européennes, qui viennent nous concurrencer. » À terme, pour trouver les fonds nécessaires à son expansion, IAS pourrait céder un tiers du capital, intégralement détenu par la famille, à une société de capital-investissement. « Nous sommes en discussion avec l’une d’elles », confirme Hugues Moreau.

« Bons espoirs »

Français « et bientôt franco-ivoirien », le dirigeant met en avant « l’africanité » de la compagnie, qui fait face à une concurrence internationale dominée par le canadien CHC Helicopter : « 65 % de nos employés [une centaine en tout] sont africains – burkinabè, congolais, ghanéens, togolais… Nous avons récupéré beaucoup de compétences de chez Air Afrique [disparue en 2002]. »

Prochainement, IAS devrait se développer à partir du Liberia vers la Guinée et la Sierra Leone, où le secteur minier est en pleine expansion, notamment dans les monts Nimba. « Nous avons aussi de bons espoirs d’augmenter notre volume d’affaires en Côte d’Ivoire, souligne Hugues Moreau, puisque le nouveau président [Alassane Ouattara] semble fermement décidé à relancer le secteur des mines et du pétrole. »

Enfin, soucieux de préserver son « africanité », le groupe lancera courant 2012, une fois l’agrément de l’aviation civile obtenu, son école de pilotage. D’abord destiné aux pilotes d’hélicoptère, le centre de formation, qui ouvrira en même temps à Accra et à Abidjan, aura aussi vocation à former des pilotes de ligne. 

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