Politique

Égypte : opération séduction difficile pour les islamistes d’Al-Nour

| Par Jeune Afrique
Abo el-Maty, candidat du parti salafiste Al-Nour au Caire.

Abo el-Maty, candidat du parti salafiste Al-Nour au Caire. © Reuters

Après sa percée surprise lors des législatives, Al-Nour fait patte de velours. Mais ses adversaires ne sont pas dupes.

« Ensemble sur le chemin de la lumière. » C’est le slogan d’Al-Nour (« la lumière »), premier parti salafiste d’Égypte, qui a créé la surprise le 28 novembre en obtenant près de 25 % des suffrages lors de la première phase du scrutin législatif, juste derrière les Frères musulmans et devant le bloc libéral, qui lui n’a recueilli qu’à peine 15 % des voix. Une surprise qui n’aura pas été démentie par la seconde phase des élections : les salafistes auraient ainsi obtenus près de 33% des sièges disputés au scrutin proportionnel à liste.

Fort de 100 000 adhérents et de 17 bureaux régionaux, Al-Nour joue depuis la carte de l’ouverture. « Nous ne voulons marginaliser personne. Tout le monde a le droit de participer à la vie politique de notre pays, que ce soit les femmes ou les chrétiens », explique ainsi Yousri Hammad, porte-parole du parti. Dans un communiqué publié le 5 décembre sur internet, le président d’Al-Nour, Imad Abdel Ghafour, affirmait être favorable à une alliance avec les Frères musulmans, ajoutant même qu’une telle alliance devait s’inscrire dans le cadre d’une coalition nationale élargie.

Scandale

Il en faudra cependant plus pour calmer l’inquiétude des libéraux et des Coptes, qui crient au double langage. Il y a quelques jours, un des plus célèbres candidats d’Al-Nour, Abdel Moneim al-Chahat, faisait scandale lors d’une interview télévisée en déclarant que l’œuvre de l’écrivain Naguib Mahfouz était une « incitation à l’athéisme ». Interrogé sur les propos de son collègue, Abdel Ghafour répond d’un ton las : « Cela fait soixante ans que l’on parle de Mahfouz, il est temps de passer à autre chose. Et puis tout le monde a le droit d’exprimer son avis, non ? »

À cela s’ajoute la question de l’origine des fonds dont dispose le parti, soupçonné d’être financé par des monarchies du Golfe. « Depuis des années nous offrons nos services à la société égyptienne sans rien attendre en retour. Nous sommes connus pour notre intégrité et notre transparence », se défend Yousri Hammad, qui ajoute, agacé : « Notre budget vient essentiellement des dons que nous recevons. Que celui qui a des documents prouvant le contraire les présente au procureur général ! »

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3101_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer