Médias

Maroc : Abdelilah Benkirane, un islamiste ultracathodique

Abdelilah Benkirane au siège du PJD, à Rabat, le 27 novembre 2011.

Abdelilah Benkirane au siège du PJD, à Rabat, le 27 novembre 2011. © Abdeljalil Bounhar/AP/Sipa

Interviews télé, conférences de presse… Le nouveau Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane, multiplie les interventions médiatiques.

« En une semaine, on a plus vu le nouveau chef de gouvernement dans les médias qu’Abbas El Fassi en toute une législature ! » Sur Facebook, les commentaires affluent après le passage d’Abdelilah Benkirane le 3 décembre sur la chaîne Al-Aoula. Près de 5 millions de personnes ont suivi son intervention : un record dans l’histoire de la télévision marocaine. Interviewé par la journaliste Fatima Baroudi, le nouveau Premier ministre s’est exprimé en darija, la langue dialectale compréhensible par l’ensemble de la population, se montrant accessible et loin de la rhétorique à laquelle le personnel politique a habitué les Marocains.

Blagues

Invité par les télévisions étrangères, notamment par Al-Jazira, Benkirane a donné la priorité à la chaîne nationale. « Avec l’ancien gouvernement, on avait toutes les peines du monde à convaincre le Premier ministre de s’exprimer dans les médias. La preuve : il n’a fait qu’une seule grande intervention à la télévision en sept ans. La nouvelle équipe semble beaucoup plus consciente de la nécessité d’expliquer son action », commente un journaliste TV. « Comparer El Fassi à Benkirane, c’est comparer deux extrêmes. El Fassi s’était enfermé dans un mutisme total », note le journaliste Driss Bennani. Un silence qui a parfois semblé pesant lors d’événements nationaux tels que l’attentat de Marrakech en avril.

Alors que les tractations se poursuivent pour la formation d’un gouvernement, Benkirane a tenu une conférence de presse le 5 décembre. Détendu, appelant les journalistes par leur prénom, il n’a éludé aucune question et s’est même autorisé quelques blagues. « La communication du Parti de la justice et du développement est excellente. Ses dirigeants ont une vraie liberté de parole », souligne Bennani. Jouissant d’une forte notoriété, Benkirane devrait sans doute s’effacer un peu dans les mois qui viennent au profit de ses ministres. Mais il a déjà imposé un changement de style. 

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