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Bande dessinée : les cases du siècle

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Bande dessinée : « Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques », côté cour

Christophe Blain et Abel Lanzac ont réinvesti les étales des libraires avec le tome II de « Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques ». Les auteurs français y poursuivent leur plongée passionnante dans les coulisses du discours de Dominique de Villepin en février 2003 à la tribune des Nations unies contre la guerre en Irak.

Mis à jour le 12 janvier 2012 à 11:27

Couverture de Quai d’Orsay, Tome II. © Dargaud

Parmi tous les candidats à l’élection présidentielle de 2012, Dominique de Villepin a un avantage de poids : il est le héros hilarant d’une bande dessinée particulièrement caustique. Tiré à 100 000 exemplaires après l’incroyable succès du tome I, bientôt adapté au cinéma par le réalisateur français Bertrand Tavernier, le tome II de Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques raconte en effet les quelques semaines qui précédèrent le désormais célèbre discours du ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac à la tribune des Nations unies. Si, si, souvenez-vous, c’était le 14 février 2003, et la France, avec un lyrisme proprement gaullien, refusait l’option militaire défendue par l’Amérique de George W. Bush en Irak…

Informé par un certain Abel Lanzac, auteur chargé à l’époque des « langages » aux Affaires étrangères, le dessinateur Christophe Blain (Le Réducteur de vitesse, Isaac le pirate) s’est lancé le défi de raconter en images les coulisses de cet événement. S’il dit ne pas s’être documenté sur Dominique Galouzeau de Villepin – alias Alexandre Taillard de Vorms dans la BD –, Christophe Blain le croque à la perfection, donnant une grande importance à ses mouvements et, surtout, à la manière dont ses mains accompagnent ses mots.

« J’ai le sentiment que, dans l’exercice du pouvoir, il faut brasser de l’air. Mais c’est aussi une caractéristique du personnage : il est dans l’envolée lyrique », déclarait Blain à Jeune Afrique lors de la sortie du tome I. Mais Quai d’Orsay ne serait pas aussi réussi si Taillard de Vorms n’était entouré d’une galerie de personnages secondaires particulièrement travaillés. Bien sûr, le secrétaire d’État américain Colin Powell est aisément reconnaissable sous le pseudonyme de Jeffrey Cole ; d’autres seconds couteaux le sont moins – mais leurs attitudes, leurs petits vices, leurs manigances, bref, leur humanité, contribuent à faire de cette plongée dans le quotidien de la politique un grand moment de rire. 

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Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques, de Blain et Lanzac, Dargaud, 108 pages, 16,95 euros.