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Courrier des lecteurs


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Mis à jour le 17 novembre 2008 à 09:57

Africains avant tout â©n Africains, c’est les larmes aux yeux que j’ai lu l’enquête sur les migrations continentales en Afrique (J.A. n° 2488), un mal qui m’a toujours torturé. Dieu pardonne mes frères xénophobes. Je me dis qu’ils ne savent pas grand-chose de l’histoire du continent et de la création des États qu’ils défendent. J’ai toujours dit que Tiken Jah Fakoly aurait dû chanter « Ouvrez vous d’abord les frontières ! » Parce qu’il vient de Côte d’Ivoire, il a forcément besoin de visa pour aller au Gabon ; parce qu’il est francophone, il a des problèmes pour entrer au pays de Kwame Nkrumah.â©Aucun pays du continent n’est développé. Une plaie que seule l’éducation résoudra. Mais commençons par prendre conscience qu’avant d’être libyens, ivoiriens, gabonais ou sud-africains… nous sommes africains.â©Aldo Akpapa, Cotonou, Béninâ©â©â©Un poids, deux mesuresâ©n Je tiens à saluer la clairvoyance et la franchise du président Denis Sassou Nguesso dans l’interview qui lui est consacrée dans J.A. n° 2463. Je n’apprécie pas que la presse occidentale enquête sur les propriétés des chefs d’État africains en France, car la France ne tolérerait pas qu’un journaliste africain interroge Nicolas Sarkozy sur ses biens immobiliers à Paris ou ailleurs. Je trouve qu’une fois de plus la presse occidentale essaie d’infantiliser ou d’humilier nos chefs d’État. Et le Président Sassou fait bien de le souligner : quand des émirs koweïtiens ou des Russes richissimes achètent pour des centaines de millions d’euros des immeubles sur les Champs-Élysées, ça ne choque personne. Mais quand c’est un chef d’État africain, on estime qu’il n’en a pas le droit. Cela, effectivement, s’apparente à du racisme.â©Tchiat Wandji Lazare, Douala, Camerounâ©â©Église et développementâ©n J’ai lu avec intérêt l’enquête de Jeune Afrique « Le Vatican et l’Afrique » (J.A. n° 2487). Elle met bien en évidence l’importance de la contribution de l’Église catholique sur le plan social : éducation, santé, médias. Toutefois, l’article « Finances : Que donne le Vatican à l’Afrique ? » n’aborde pas de façon sérieuse la contribution financière des communautés catholiques au développement africain. Or celle-ci est importante, même si on veut se borner au seul réseau « Caritas », qui met en coopération l’Église d’Afrique avec les Églises sœurs du reste du monde, en permettant la réalisation de milliers de projets d’aide et de développement à petite et moyenne échelle, chaque année, sur tout le continent.â©Jean Marie Adrian, directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest, Catholic Relief Services, Accra, Ghanaâ©â©ndlr : Vous avez raison de souligner cette contribution – difficile à quantifier – du Vatican au développement de l’Afrique. Cela dit, l’article en question, comme son titre l’indiquait, ne s’attachait qu’à évaluer les dons octroyés aux communautés catholiques africaines par le Vatican, et non le rôle de ce dernier dans la solidarité des communautés catholiques du monde envers celles du continent.â©â©â©Retournement de vesteâ©n Je suis sidéré de voir les patrons du FMI et de la Banque mondiale vanter aujourd’hui en chœur les vertus de la régulation et du contrôle des mouvements de capitaux, alors qu’ils n’ont pas cessé, depuis des décennies, de pousser (surtout les pays en voie de développement) à la liberté des marchés, à la convertibilité sans entraves des monnaies et au déverrouillage total des protections des économies nationales (ce qu’on appelle pudiquement la mondialisation).â©Par « Pessimiste ? Pas vraiment », sur le blog de BBYâ©â©â©Pitié pour la planète !â©n Dans la rubrique « Ces chiffres qui parlent » du J.A. n° 2473, j’ai découvert la souffrance qu’endure la Terre. Il y est fait état de la quantité d’eau astronomique – 80 000 litres par jour ! – que la chanteuse Céline Dion, que nous aimons bien, a utilisée en 2007. Après relecture, deux situations se présentent : soit une erreur s’est glissée dans les colonnes de J.A., soit c’est de l’inconscience et du mépris. La première hypothèse me paraît improbable car J.A. apporte beaucoup de soins aux informations qu’il donne. Ne reste que la deuxième. Et cela fait très mal… Combien sont-ils, ces peuples en constante recherche de ce précieux liquide pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires, alors qu’une personne seule en dépense 80 000 par jour ? Ce chiffre est alarmant à plus d’un titre, car il y a gâchis à deux niveaux : en nature et en espèce. Les scientifiques ont besoin d’argent pour leurs recherches et, parallèlement, l’eau se raréfie, voire disparaît, dans certains endroits du globe. Alors pitié !â©Marc Minquette Kolda, Sénégalâ©â©â©Un plan à double tranchantâ©n Dans son interview à J.A. (n° 2489), le Premier ministre marocain, Abbas El Fassi, déclare que le plan d’autonomie du Sahara occidental est une « victoire » pour le Maroc et l’Algérie, ainsi que pour le Maghreb. […] Contrairement à ce qu’il semble penser, cette option pourrait, si elle est retenue, représenter non seulement une défaite pour le Maroc mais le début de sa désintégration en tant qu’État. Par contre, l’existence d’un État indépendant ne peut que lui être profitable, car l’une de ses principales priorités sera d’essayer, par tous les moyens, de contribuer à sa stabilité et à sa prospérité. […] Par ailleurs, le Premier ministre marocain a raison quand il soutient que pas un seul Sahraoui marocain n’a fui le royaume pour rejoindre les camps de Tindouf. Dans la mesure où il n’existe que des Marocains ou des Sahraouis mais pas les deux à la fois, ce qu’il dit n’est qu’une lapalissade. Enfin, quand il soutient que 3 000 réfugiés sahraouis ont rejoint le Maroc – information pour le moins sujette à caution –, cela devrait l’inciter à ne pas craindre le résultat du référendum d’autodétermination que nous exigeons.â©Baba M. Sayed, conseiller à la présidenceâ¨de la République sahraouie, Tindouf, Algérieâ©â©â©Djibrill Bassolé seul à la manœuvreâ©n Contrairement à ce qui est dit dans l’article « Profil : Djibrill Bassolé » (J.A. n° 2482), indiquant que l’intéressé était « seul à la manœuvre pendant plusieurs semaines » durant la médiation lors de la crise togolaise de 1993, c’est Me Hermann Yaméogo, alors ministre d’État chargé de l’Intégration et de la Solidarité africaines, qui a présidé le comité de suivi composé des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, de l’Égypte et, bien sûr, du Burkina.â©Deval Milogo, secrétaire national chargé des relations extérieures de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), Ouagadougou, Burkinaâ©â©réponse : En septembre 1993, le décès de Maurice Yaméogo, père de Hermann Yaméogo, a éloigné ce dernier de la médiation dont il avait la charge dans la crise togolaise. Le capitaine Djibrill Bassolé a alors mené les pourparlers. C’est ce qu’il fallait entendre par la phrase « seul à la manœuvre durant plusieurs semaines ».F.L.â© â©â©Vive le Québec et la Francophonie !â©n Ah ! Merci Jeune Afrique… quel beau cadeau, ce reportage sur (mon) Québec que j’aime tant, même si je me suis un peu éloignée de lui afin de vivre une expérience comme volontaire à l’international. En poste depuis juin 2006 au Sénégal, à 12 000 km de la ville de Québec, je lis régulièrement J.A. Quel plaisir – ou plutôt quelle joie – de parcourir ces douze pages consacrées à Québec grâce au Sommet international de la Francophonie (SIF) qui s’y tient. En parcourant J.A. cette semaine, je me sens chez moi, en plein cœur de l’automne. Si Québec est une ville belle et accueillante, le Québec est beau et grand, avec son long fleuve Saint-Laurent, ses vertes montagnes d’épinettes et de sapins et ses vastes étendues de terre. Même si l’hiver arrache beaucoup de pages au calendrier, les paysages y demeurent magnifiques en toutes saisons. Les gens sont accueillants, chaleureux et hospitaliers, et les belles paroles de langue française y ont des accents différents selon les régions. Bienvenue à celles et à ceux qui y séjourneront durant et après le SIF auquel je souhaite un grand succès. Et encore merci à J.A. pour ce reportage et pour son prélude : « Éloge du multiculturalisme ». Ça fait du bien, au cœur de l’hivernage sénégalais !â©Rosy Cyr, Dakar, Sénégalâ©â©â©Femmes arabes au pouvoirâ©n Dans l’article « La galaxie Ben Ali » (J.A. n° 2488), j’ai constaté que parmi les plus proches conseillers et collaborateurs du président tunisien ne figure aucune femme. Quoi qu’on en dise, la société arabe reste une société d’hommes. Dans un pays, la Tunisie, où la femme est reine et jouit de droits parfois exorbitants, je trouve ça intrigant. Le jour où je vous écris, Tzipi Livni vient d’être confortablement élue à la tête de son parti, Kadima. Elle sera sûrement la future Premier ministre d’Israël, une trentaine d’années après Golda Meir. À quand une femme Premier ministre ou tout au moins chef de parti dans le monde arabe ?â©Hichem Gharbi, Sakiet Ezzit, Tunisieâ©â©réponse : Rassurez-vous, on compte autour du président Ben Ali plusieurs proches collaborateurs du genre féminin qui sont conseillères à la présidence ou membres du gouvernement, lequel comporte actuellement six femmes. De même, en Tunisie, le secrétaire général du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition) est une femme : Maya Jribi, qui pourrait participer aux élections présidentielle et législatives de 2009.A.B.