Société

Rujugiro poursuivi par le fisc sud-africain

Le richissime homme d’affaires ne peut quitter la Grande-Bretagne en attendant les suites de l’enquête.

Par - Tshitenge Lubabu M.K.
Mis à jour le 17 novembre 2008 à 18:01

Le matin du 13 octobre, en débarquant d’un avion venant de Nairobi, Tribert Rujugiro Ayabatwa, richissime homme d’affaires rwandais, est arrêté à l’aéroport de Londres. Il est l’objet d’un mandat lancé par les autorités sud-africaines. Conduit devant un juge, il sera remis en liberté après paiement d’une caution. Pendant quarante-cinq jours, le délai accordé à l’Afrique du Sud pour soumettre un dossier étayé à la police britannique, il n’est pas autorisé à quitter la Grande-Bretagne. Les ennuis ont commencé en 2003 quand une de ses sociétés – Mastermind Tobacco Company, qui fabrique des cigarettes – est accusée de fraude par les douanes sud-africaines. « Pour moi c’était de la blague et je n’ai pas suivi le dossier », affirme aujourd’hui Rujugiro, joint par téléphone à Londres. Le fisc lui réclame plus de 200 millions de rands de taxes (plus de 16 millions d’euros). En juin 2005, l’homme d’affaires est à nouveau inquiété, cette fois pour usage de faux tampons sur une vingtaine de convois de cigarettes. Une infraction qui relève du pénal. La justice sud-africaine lui inflige une amende de 48 millions de rands, plus 8 millions de TVA. La société est aujourd’hui fermée. « Je suis en train de perdre mon temps à Londres », se plaint Rujugiro. « Le procès a été reporté dix fois en trois ans. Une audience est prévue en février 2009. Pour avoir la paix, j’avais sollicité un règlement à l’amiable. » Les Sud-Africains posent une condition : qu’il plaide coupable. « Mais, en mon âme et conscience, je ne dois rien au fisc sud-africain », clame Rujugiro, qui soupçonne des concurrents d’être derrière ce « harcèlement ». Financier du Front patriotique rwandais, au pouvoir, il a plusieurs entreprises sur le continent, de la cigarette à la brasserie, en passant par la banque et l’immobilier. Sûr de gagner son procès, il assure ne pas avoir sollicité l’appui du gouvernement rwandais dans cette affaire « purement commerciale ».