Politique

YML prend 
son envol

Par - Samy Ghorbal, envoyé spécial à Tunis
Mis à jour le 18 novembre 2008 à 09:27

Depuis le sommet de Paris du 13 juillet dernier, qui a signé l’acte de naissance officiel de l’Union pour la Méditerranée (UPM), l’Euro-Méditerranée est la nouvelle utopie à la mode. L’idée a rencontré un réel écho dans les pays de la rive sud. En particulier auprès des générations montantes en Tunisie, en Algérie et au Maroc. La première édition du forum des Young Mediterranean Leaders (YML), organisée du 16 au 18 octobre à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis, et qui a réuni, sous la houlette de Hakim el-Karoui, l’inspirateur du projet, près de deux cents jeunes décideurs issus majoritairement du monde de l’entreprise, a permis de mesurer son impact. Il y avait du monde, et du beau monde : le Tunisien Marwane Mabrouk, dirigeant du groupe du même nom, l’Algérien Issad Rebrab (Cevital), venu en grand témoin, Anas Alami, le patron de La Poste Maroc, ou encore Zeine Ould Zeidane, l’ancien Premier ministre mauritanien. Mais aussi, et surtout, beaucoup de jeunes talents au pedigree universitaire très élitiste… « YML était un projet, maintenant, c’est un réseau qui existe, s’enthousiasme un participant tunisien. Un esprit est né au cours de ces trois jours de débats et de discussions. Le recrutement doit encore s’élargir, s’ouvrir davantage aux Espagnols et aux Italiens, car il ressemble encore trop à un club franco-maghrébin. Mais pour un début, c’est très prometteur. » Les participants, qui ont promis de se retrouver l’an prochain dans une ville d’un pays du Nord – ville qui pourrait être Marseille –, ont adopté un programme d’action et formulé une série de recommandations. Ils veulent peser sur le processus d’intégration entre les deux rives et l’accélérer. Hubert Védrine, l’ancien chef de la diplomatie française, a résumé, dans son discours de clôture, l’alternative qui se dessine maintenant pour YML : cantonner ses activités à des actions concrètes de lobbying sectoriel, ou faire évoluer le concept pour le transformer en un véritable think tank Euromed, une option plus stimulante, mais sans doute plus risquée.