Société

David contre Goliath

Par - T.C.
Mis à jour le 18 novembre 2008 à 09:03

C’est la version indienne du combat de David contre Goliath. Avec Arcelor Mittal, le groupe sidérurgique mondial, dans le rôle du géant philistin, et Dayamani Barla, une journaliste issue des communautés tribales, dans celui du roi d’Israël. Le lieu du combat : l’État du Jharkhand, dans l’est de l’Inde, riche en ressources minières. En 2005, Lakshmi Mittal, le fondateur de la multinationale, a conclu un projet d’accord avec le ministre en chef du Jharkhand en vue de l’acquisition de 12 000 ha de terrain destinés à la construction d’une des plus grandes aciéries du monde. L’industriel envisage d’investir dans l’opération, baptisée Greenfield Steel Project, 8,79 milliards de dollars. Mais la population tribale refuse d’abandonner ses terres ancestrales. « Nous sommes prêts à sacrifier nos vies, mais pas un pouce de nos terres », a prévenu Dayamani Barla, porte-parole du mouvement et pasionaria de la cause tribale depuis les années 1990. Lors de sa récente intervention devant le Forum social européen (Malmö, 8-21 septembre), celle-ci a estimé que le projet Mittal entraînerait la destruction de quarante villages indigènes et des déplacements de population massifs. Elle a ému son auditoire en racontant sa propre vie d’errance, après la réquisition des terres de son père illettré par des industriels sans scrupule sous prétexte qu’il n’avait pas de titre de propriété. « Cette terre est notre identité », dit-elle encore.