Économie

Pluie de pétrodollars 
au Maghreb… ou mirage ?

Par - S.Gho.
Mis à jour le 18 novembre 2008 à 11:16

Le poids des pays du Golfe dans les investissements directs étrangers au Maghreb a doublé en cinq ans, passant de 15 % à 34 % du total. Les montants mobilisés avoisineraient la centaine de milliards de dollars sur les vingt ans à venir. À ce jeu, les sociétés émiraties sont les plus agressives. Sama Dubai a annoncé 14 milliards de dollars pour aménager les Berges du lac sud de Tunis et construire une ville nouvelle de 300 000 habitants. Emirates International Investment Company (EIIC) promet 5 milliards de dollars pour la création, à Alger, du Dounya Park, le plus grand parc urbain au monde. Al-Maabar réunit 10 milliards de dollars sur vingt ans pour la ville nouvelle Bled el-Ward, dans la banlieue de Tunis. Abukhateer mobilise 4 milliards pour l’extravagante cité Tunis Sports City. Sans oublier Emaar et son enveloppe de 8 milliards de dollars à Rabat, Tanger, dans la vallée skiable de l’Oukameiden, près de Marrakech, et à Bouznika, au Maroc.â©Tous ces projets ne survivront pas à la crise financière. Car la multiplication des effets d’annonce fait partie intégrante de la stratégie de communication des groupes en question… Sama Dubai vient de relever à 25 milliards de dollars son projet en Tunisie. Mais la société immobilière attend maintenant d’autres investisseurs, locaux ou étrangers, et elle ne souhaiterait avancer que 1,3 milliard de dollars pour la première tranche des travaux. De nombreux projets, décidés dans l’euphorie de la bulle immobilière, surdimensionnés et déconnectés des besoins locaux, risquent d’être annulés ou révisés à la baisse. « C’est un mal pour un bien, tranche Yannick Ainouche, directeur général de Quiétude, promoteur immobilier français spécialiste de la résidence de services. Les aménagements imaginés – golfs, marinas, résidences de standing impersonnelles de plusieurs centaines de mètres de hauteur avec vue sur un front de mer redessiné à coup de pelleteuses – correspondaient à tout sauf aux besoins des populations locales et de la clientèle étrangère, constituée principalement de retraités occidentaux. »