Politique

Victoire à l’arraché pour Banda

Élu de justesse à la tête de l’État, le successeur de Mwanawasa s’emploie à rassurer les milieux d’affaires.

Par - Fabienne Pompey
Mis à jour le 30 novembre 2008 à 15:57

Il avait vingt-quatre heures pour prêter serment, il a attendu à peine deux heures. Le 2 novembre, peu après l’annonce de sa victoire, Rupiah Banda devenait officiellement président de la Zambie. Une précipitation suspecte aux yeux de son principal opposant, Michael Sata, qui conteste les résultats officiels. À peine 35 000 voix séparent les deux hommes. Banda, qui défendait les couleurs du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD, au pouvoir), a obtenu 40,1 % des suffrages, contre 38,1 % à Sata. Ce dernier demande le recomptage des bulletins.

Rupiah Banda, réputé proche des milieux d’affaires, a insisté lors de son discours inaugural sur la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens, reprenant plusieurs thèmes chers à son challengeur. Il devra aussi prendre en compte les critiques de plus en plus sévères contre la communauté chinoise. Michael Sata avait fondé une partie de ses arguments de campagne sur ce thème, allant jusqu’à menacer les expulser tous.

Le nouveau chef de l’État ne tient pas pour autant à froisser les partenaires étrangers de Lusaka, et surtout pas les Chinois, qui prévoient la création d’une « zone économique » dans le nord du pays, avec une cinquantaine d’entreprises, soit quelque 800 millions de dollars d’investissement.

Globalement, les milieux d’affaires ont accueilli avec soulagement l’élection de Rupiah Banda. Les compagnies minières en particulier, auxquelles il a promis de revenir sur la décision de son prédécesseur d’augmenter substantiellement les taxes sur l’extraction de cuivre. Michael Sata effrayait, au contraire, ces mêmes opérateurs en exigeant une participation à hauteur de 25 % pour les investisseurs zambiens dans toutes les entreprises du secteur. Mais avant de se réjouir vraiment, les milieux économiques attendent de voir si les contestations du scrutin ne vont pas déstabiliser le pays.