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Cet article est issu du dossier «Électricité : le paradoxe africain»

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Économie

Pascal Tirtiaux : « La contribution du secteur privé local est fondamentale »

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L’équipementier en panneaux solaires s’est lancé dans le développement de projets il y a cinq ans. Son responsable régional détaille son intérêt pour les marchés du Maghreb et de l’Afrique du Sud.

Le deuxième fabricant mondial de panneaux solaires s’apprête à démarrer un projet de 13 MW à Dubaï. Mais dans le même temps, la société américaine passe à l’offensive sur le continent. Après être devenue actionnaire du consortium Desertec en mars, elle compte bien se positionner au Maghreb et en Afrique du Sud.

Propos recueillis par Michael Pauron

Jeune Afrique : Alors que First Solar est l’un des premiers équipementiers mondiaux en panneaux photovoltaïques, pourquoi avez-vous décidé de développer vous-mêmes vos projets, il y a cinq ans ?

Pascal Tirtiaux : First Solar a effectivement évolué au cours de ces dernières années, et nous nous sommes engagés dans toute la filière du solaire, qui inclut le développement de projets comme l’achat ou la location de terrains, la conclusion des contrats de vente d’électricité, mais aussi la construction et la maintenance… Et parce que nous avons un bilan solide, nous avons également pu organiser le financement de projets, à hauteur – à ce jour – de 9 milliards de dollars (6,77 milliards d’euros) environ.

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Quelles sont les zones géographiques les plus dynamiques dans le solaire photovoltaïque aujourd’hui ?

En tant qu’entreprise, nous observons un certain nombre de nouvelles régions de croissance. L’Amérique latine par exemple, où notre société a racheté Solar Chile. Ou encore l’Asie et le Moyen-Orient, où nous construisons le plus grand projet photovoltaïque de la région, pour la Dubai Electricity and Water Authority, dans les Émirats arabes unis.

Et l’Afrique ?

L’Afrique du Sud constitue notre point d’entrée sur le continent : l’État y a réalisé une série d’appels d’offres bien encadrés, qui démontrent tout le potentiel de ce marché. Il y a également le Maghreb, qui regroupe clairement les conditions économiques nécessaires pour nous y développer : la demande électrique augmente, l’ensoleillement est élevé, les capacités de financement existent, et les risques restent mesurés.

Le Maroc a initié, il y a quelques années, un vaste programme solaire. Quelle est votre position sur ce marché ?

Nous sommes confiants quant à l’avenir du solaire photovoltaïque au Maroc, d’autant que le royaume chérifien a lancé un programme pour accéder à une capacité électrique solaire de 2 000 MW, à l’horizon 2020.

En l’absence de subventions, le solaire photovoltaïque est une alternative propre et compétitive par rapport aux moyens de production conventionnels, et ce pays a à coeur d’être une vitrine pour ses voisins. Il mettra en oeuvre les moyens nécessaires.

En quoi le Maroc se distingue-t-il de ses voisins ?

Dans ce pays, les financements sont facilités : les bailleurs internationaux connaissent bien le Maroc et le considèrent d’un oeil positif, tout comme les banques internationales. Et même si les établissements bancaires marocains n’ont pas encore l’expérience du photovoltaïque à grande échelle, ils disposent de moyens et ont la volonté de s’y investir.

D’autres pays africains n’ont pas nécessairement toutes ces facilités, mais cela évolue, étant donné l’intérêt stratégique de l’électricité photovoltaïque dans la région. L’Algérie semble, elle aussi, prendre la bonne direction, avec des appels d’offres bien encadrés pour 25 MW sur trois systèmes. La Libye a également lancé, à la fin de l’année passée, un appel d’offres pour 14 MW.

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Quelles énergies pour l’Afrique ?

Mis à part l’ensoleillement, quels critères déterminent un projet viable ?

Il faut d’abord se poser les bonnes questions : y a-t-il une demande suffisante ? Quel est le coût de production de l’électricité dans le pays, et à quel prix peut être vendu le kilowattheure ? Informations que nous rapportons au prix du projet, qui dépend tant de sa taille et de la technique employée que du financement et du développement (étude d’impact environnemental, législation, disponibilité des terrains, réseau électrique à proximité ou non…). On considère qu’une centrale d’une puissance comprise entre 10 et 50 MW offre une bonne rentabilité. En deçà, les coûts fixes sont identiques, mais l’efficacité est moindre.

Enfin, la réussite d’un projet photovoltaïque repose également sur les relais que nous pouvons trouver sur place, relais qui nous permettent d’assurer le déploiement des centrales, car nous sommes, fondamentalement, un fournisseur de technologie. La contribution du secteur privé local est donc indispensable pour donner une dynamique à ce nouveau secteur.

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