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Syrie : le dégel, jusqu’où ?

| Écrit par Andrew Lee Butters

Time Hebdomadaire, États-Unis

La Syrie a ouvert son économie en 2005 sous la pression des sanctions américaines. L’investissement étranger a tout changé. Avant, les rues de Damas étaient pleines de voitures américaines des années 1950, maintenues en état de marche par les barrières commerciales et le bricolage. Aujourd’hui, dans les bouchons quotidiens, les berlines asiatiques et les voitures de sport allemandes sont légion. Supplantant les hôtels à la mode des années 1970 – des tours de béton massives avec des prostituées dans les bars et des espions dans les halls –, des boutiques modernes attendent le client dans les palaces de la vieille ville. Dans les milieux dirigeants, l’uniforme apparatchik baasiste – veste de cuir, pantalon pattes d’éléphant, fume-cigarette – a cédé la place aux jeans moulants et aux cappuccinos.

Au-delà des apparences, la situation financière de la Syrie n’est pas brillante. La production pétrolière, qui représente 90 % des recettes publiques, est en déclin. L’inflation ne permet plus les subventions à l’alimentation et aux transports, dont dépendent des milliers de pauvres. Les Syriens espèrent que le président Bachar al-Assad fera venir l’investissement étranger tant espéré. Jadis persona non grata en Occident, Assad a conforté son image en Syrie et à l’étranger. Les violences qu’a provoquées le changement de régime imposé par les Américains en Irak ont consolidé sa position dans une région où l’on fait souvent passer la stabilité avant la liberté. En août dernier, le président Nicolas Sarkozy a été le premier dirigeant occidental à se rendre à Damas depuis cinq ans, une manière de récompenser Assad de l’initiative de paix qu’il avait prise avec Israël en mai..

Mais jusqu’où peut aller Assad ? Un accord de paix accompagné d’une aide occidentale améliorerait la situation économique de la Syrie, mais le conflit avec Israël justifie les conditions sécuritaires sur lesquelles repose son pouvoir. Et Damas serait probablement obligé de renoncer à son alliance avec l’Iran, qui lui a permis de survivre pendant les années où il était traité en paria par l’Occident. « La Syrie est devant un choix très difficile, souligne Andrew Tabler, cofondateur du magazine anglophone Syria Today. Elle ne peut pas concilier l’amitié avec l’Iran et la paix avec Israël. » Beaucoup de Syriens ont pourtant confiance dans l’avenir. « La Syrie est un pays vierge comme la Chine d’il y a vingt ans, déclare Nabil Sukkar, l’un des principaux réformateurs économiques du pays. Où que vous creusiez, vous trouvez de l’or. »

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