Économie

ReKrute, locomotive de l’e-recrutement

Leader au Maroc, ReKrute est devenu le cinquième portail de l’emploi francophone au monde. La société vise l’international et ouvre sa première filiale en Tunisie.

Par - Julien Félix, à Casablanca
Mis à jour le 3 novembre 2016 à 10:30

Dans quelques jours, ReKrute, leader marocain du recrutement en ligne de profils qualifiés, s’installera en Tunisie. « C’est un marché porteur, explique Philippe Montant, directeur général de ReKrute. Il dispose de professionnels de qualité, de réseaux bien structurés et de candidats de valeur. Toutes les conditions sont réunies pour développer une activité comme la nôtre. »

Fondé en 2006 par Philippe et Alexandra Montant, deux Français nés et installés au Maroc, le site s’est déjà imposé comme un acteur incontournable du recrutement dans le royaume. Avec un chiffre d’affaires multiplié par cinq en 2007 (750 000 euros), 55 000 CV en ligne, 600 annonces et 1,5 million de pages vues chaque semaine, la petite start-up, née en 2006 dans un bureau du Technopark de Casablanca, affiche une santé insolente. Aujourd’hui, elle peut se vanter d’être le cinquième portail d’emploi francophone au monde et le septième portail marocain toutes catégories confondues.

 

900 entreprises clientes

« Le Maroc a changé d’ère, explique Alexandra Montant. Aujourd’hui, les entreprises se livrent une véritable guerre des talents. » Exit la traditionnelle ­petite annonce et la mention : « Écrire au journal, qui transmettra. » Peu à peu, l’e-recrutement s’est mis en place. « On a d’abord incité nos clients à mettre leur logo sur les annonces, poursuit Alexandra Montant. On leur a ensuite proposé différents moyens pour se différencier face à leurs concurrents et toucher plus efficacement leur cible. » Aujourd’hui, la société compte près de 900 entre­prises clientes, contre 700 en 2007. Parmi elles, beaucoup de grands comptes et de multinationales. Toutes viennent chercher la perle rare. Car ­l’e-recrutement a permis de capter une foule de nouveaux profils, absents jusqu’à présent du marché de l’emploi. Les cadres et ingénieurs confortablement installés dans une entreprise de la place sont la cible numéro un de ReKrute. « On fait tout pour les attirer, explique Alexandra Montant. Dès qu’ils s’abonnent à notre newsletter, on leur propose de déposer leur CV en ligne. Et chaque fois qu’une annonce correspond à leur profil, on leur envoie une alerte par e-mail. »

Inévitablement, le leader et pionnier de l’e-recrutement a fait des émules. En 2007, il a vu arriver son premier concurrent : Amaljob. Le petit nouveau a du mal à trouver sa place sur un marché du recrutement certes dynamique, mais assez restreint. Il engrange pour l’heure cinq fois moins de trafic que son concurrent. À l’heure actuelle, le marché se partage encore entre ReKrute et Ménara, le portail de Maroc Télécom. ReKrute domine largement le segment des profils qualifiés. Quant à Ménara, il propose des annonces gratuites en ligne, utiles pour recruter un téléopérateur, mais inadaptées pour les cadres. Le site peut néanmoins se vanter d’avoir plus de 3 000 entreprises inscrites et quelque 100 000 CV.

L’e-recrutement risque-t-il de marquer le pas, faute de profils en nombre suffisant ? « Pas du tout, objecte Alexandra Montant. Il s’est fait une place aujourd’hui et le marché va exploser. Internet est devenu un outil incontournable pour le recrutement. Il faut juste savoir évoluer continuellement pour répondre à un marché de plus en plus exigeant. »