Politique

Retour à l’isoloir

Aucun des candidats n’ayant obtenu la majorité absolue, le second tour de la présidentielle aura lieu le 28 décembre.

Par - Moriba Magassouba
Mis à jour le 16 décembre 2008 à 14:13

Nana Akufo-Addo, le candidat du Nouveau Parti patriotique (NPP, au pouvoir), a raté de peu l’occasion de devenir, dès le premier tour du scrutin du 7 décembre dernier (auquel 69,5 % des 12,8 millions d’électeurs inscrits ont pris part), le troisième président de la IVe République ghanéenne.

Crédité de 49,13 % des suffrages exprimés (4 159 439 voix) contre 47,92 % (4 056 634 voix) à son challengeur, John Atta-Mills, le porte-drapeau du Congrès démocratique national (NDC, principal parti d’opposition), l’ancien ministre des Affaires étrangères devra donc revenir devant les électeurs le 28 décembre.

« J’ai confiance, je vais remporter le second tour », a-t-il notamment ­déclaré après l’annonce des résultats. Son ­adversaire, ancien vice-président du capitaine Jerry Rawlings, qui briguait pour la troisième fois les suffrages de ses compatriotes, fait preuve du même optimisme.

À n’en pas douter, l’issue du second tour est tout à fait incertaine, l’écart entre les deux prétendants étant minime. Et bien qu’il n’ait recueilli que 1,3 % des suffrages exprimés, le candidat Papa Kwesi Nduom, que d’aucuns avaient, un peu vite, qualifié de possible « troisième homme », aura sans doute son mot à dire. Un report des voix de ses électeurs sur l’un des deux candidats en lice pourrait aider ce dernier à décrocher la victoire.

Dans l’attente de cette ultime empoignade, qui devra désigner le successeur du président sortant John Kufuor, les observateurs, locaux et étrangers, unanimes, ont salué le calme et la transparence qui ont prévalu au cours du scrutin. Il est vrai que celui-ci n’a donné lieu à aucune contestation violente sur le terrain. Ce qui est tout à l’honneur de la jeune démocratie ghanéenne. Pour le chef de la mission des observateurs de l’Union européenne, Nickolay Mladenov, le pays sort renforcé de ces élections.

Seule certitude, le NDC a remporté une majorité de sièges au Parlement à l’issue des législatives organisées simultanément. Le parti d’opposition a ­obtenu 113 sièges sur 229, contre 109 au NPP, annonçait le 10 décembre la Commission électo­rale.