Politique

Israël montré du doigt

Par - Cherif Ouazani
Mis à jour le 16 décembre 2008 à 15:34

Le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme de l’ONU assimile la politique de l’État hébreu à l’égard des Palestiniens à un « crime contre l’humanité ».

« La politique de l’État d’Israël à l’égard des populations palestiniennes s’assimile à un crime contre l’humanité. » Tenus le 9 décembre, à New York, à la veille du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, les propos de Richard Falk, rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour les territoires palestiniens, ne souffrent d’aucune ambiguïté. Bouclages à répétition de la bande de Gaza, exécutions extrajudiciaires, tortures physiques et psychologiques, punitions collectives et conditions de détention dégradantes et inhumaines des prisonniers arabes, condamnés ou en attente de procès… les écarts de l’État hébreu sont légion. Mais le vœu de Richard Falk de voir l’ONU protéger la population civile en faisant pression sur Israël a peu de chances d’être exaucé. Même si le rapport du fonctionnaire onusien conclut au crime contre l’humanité, la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) n’est pas automatique. Seul le Conseil de sécurité est habilité à le faire. Or le bras exécutif de l’ONU, de par son mode de fonctionnement et sa composante, n’est pas près d’engager une telle procédure contre un général de Tsahal ou un homme politique israélien. Quant à la question de la torture, la situation est bloquée, la législation israélienne l’autorisant dans les affaires de terrorisme. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU invite l’État hébreu à incorporer « aussi vite que possible » dans sa législation les éléments de la Convention internationale contre la torture et d’en ratifier le protocole additionnel.

Des voix israéliennes de plus en plus nombreuses s’élèvent également contre certaines pratiques dans les territoires occupés mais aussi à l’intérieur de l’État hébreu. Ainsi une organisation israélienne des droits de l’homme a-t-elle publiquement dénoncé, le 5 décembre, un système d’apartheid visant les Israéliens d’origine arabe et druze, en butte à des discriminations en matière d’accès à l’emploi ou de logement. Apartheid. Un mot utilisé par Jimmy Carter, dont la fondation avait enquêté en 2007 sur la situation des droits de l’homme en Israël. Depuis, l’ancien président américain est persona non grata dans l’État hébreu.