Politique

Coup de semonce pour l’ANC

Par - Fabienne Pompey
Mis à jour le 16 décembre 2008 à 12:31

Pour le Congrès national africain (ANC), les élections partielles du 9 décembre constituent « une déception ». Et un sérieux avertissement à quelques mois des élections générales. À l’inverse, elles sont un succès relatif pour le Congrès du peuple (Cope), récemment créé par des dissidents de l’ANC. Mais la formation qui tire le mieux son épingle du jeu est l’Alliance démocratique (DA), classée droite libérale et dominée par les Blancs.

Sur l’ensemble du pays, 41 sièges étaient à pourvoir, la plupart pour remplacer des élus ANC ayant fait défection ou ayant été exclus. L’ANC en a remporté 11, la DA autant et le Cope, 10. L’Inkatha, le parti zoulou, remporte 4 sièges dans son fief, le Kwazulu-Natal, et les démocrates indépendants (ID), 5 dans la région du Cap.

Pour l’ANC, la campagne a commencé par une bourde. Dans 12 des 27 circonscriptions en jeu dans la province du Cap, ses candidats n’ont pu participer au scrutin. Parce qu’ils avaient laissé passer la date limite d’inscription auprès de la Commission électorale ! Le parti a aussi manqué de fair-play et est accusé de diverses intimidations et de diffusion de fausses informations (annonce d’un report du scrutin). Ce n’est sans doute pas très grave, ces incidents étant restés isolés, mais quand même préoccupant dans un pays qui se veut un modèle de démocratie. Au bout du compte, l’ANC ne conserve que 3 des 27 sièges de conseillers qu’elle détenait dans la région du Cap occidental, qui, majoritairement peuplée de Blancs et de métis, est, il est vrai, un fief de l’opposition.

Formé par des cadres de l’ANC désireux de proposer une alternative à Jacob Zuma, le candidat probable du parti à la prochaine présidentielle (en avril, en principe), le Cope a abordé la consultation avec un handicap, il n’est pas encore officiellement enregistré puisque son congrès constitutif n’a lieu que le 16 décembre. Ses candidats ont été contraints de se présenter sous l’étiquette « indépendants ». Second camouflet pour l’ANC, la justice leur a accordé le 12 décembre la possibilité d’utiliser le nom Cope.

Pour la présidente du DA, et maire du Cap, Helen Zille, « Cope prend des voix à l’ANC. […] Jamais le paysage politique n’a été aussi ouvert. »