Société

Nouvelle embrouille

Par - Cherif Ouazani
Mis à jour le 16 décembre 2008 à 12:45

Un communiqué du ministère des Affaires étrangères en date du 11 décembre le laisse clairement entendre : après la mise en examen du diplomate Mohamed Ziane Hasseni, soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de l’opposant algérien Ali André Mecili, en février 1987 à Paris, Alger commence à perdre patience. Arrêté à Marseille le 14 août 2008, puis transféré dans la capitale française, Hasseni est depuis assigné à résidence.

Après l’avoir suggéré à Bernard Kouchner, son homolo­gue français, lors d’un voyage éclair à Paris, début novembre, Mourad Medelci, le chef de la diplomatie algérienne, s’est montré plus explicite, le 28 novembre, à Alger : « La France, pays des droits de l’homme, retient en otage l’un de nos meilleurs diplomates. »

Quelques jours plus tard, le président Abdelaziz Bouteflika a chargé Djamel Ould Abbas, son ministre de la Solidarité, de rendre visite à « l’otage ». À l’issue de la rencontre, l’émissaire avait du mal à cacher sa colère. Convaincu de l’innocence de Hasseni, victime, selon lui, de « l’acharnement d’un juge », Ould Abbas a affirmé que, n’étant pas « une république bananière, mais un État souverain », l’Algérie ne se laissera pas humilier. Des représailles économiques ne sont apparemment pas exclues.

Le 11 décembre, au lendemain du 60e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, le ministre algérien des Affaires étrangères est revenu à la charge en déplorant la lenteur de la procédure et l’obstination du magistrat instructeur, alors même que les déclarations du seul témoin à charge sont de plus en plus mises en doute.

Ce coup de froid sur les relations entre les deux pays est particulièrement malvenu avant la visite d’État que Bouteflika doit faire à Paris, dans quelques semaines.