Société

Une semaine chez les Blancs

Mis à jour le 17 décembre 2008 à 17:13
Jeune Afrique

Par Jeune Afrique

On nous dit souvent : vous les Blacks, vous les Arabes, les « sous-dev », vous n’êtes pas des démocrates, vous êtes corrompus, désorganisés, violents, limite « historiquement » nuls (pour paraphraser l’expression d’un président français)… On l’admet, ce n’est pas entièrement faux. Nous avons nos faiblesses. D’un autre coté, le monde de ceux qui nous critiquent, le monde des Blancs, n’est pas toujours ­parfait. ­Exemples, à partir d’un regard ­décalé sur l’actu de cette semaine.

Rappelons, en préambule, que nos amis riches et sophistiqués ont mis leurs économies à genoux, par pur attrait du gain, qu’aucun des grands économistes n’avait vu venir un tel désastre et qu’ils se sont d’ailleurs beaucoup trompés sur tout (le baril était censé atteindre 200 dollars…). Et que le déficit public des États-Unis va atteindre, à la fin de 2008, 1 000 milliards de dollars…

La plus ancienne démocratie du monde, la Grèce, pays baigné de soleil, au cœur de l’Union européenne, est en plein chaos. Des anarchistes d’un autre temps et des jeunes exaspérés par une société qui ne leur apporte rien, sauf peut-être des salaires assez misérables, mettent le feu aux banques, aux hôtels, assiègent le Parlement, font la chasse aux bourgeois. Le gouvernement, déjà largement discrédité, paraît incapable de tenir la barre. Un jeune de 15 ans est mort, tué par la balle d’un policier tirée à bout portant…

En France, le ministre des Affaires étrangères, qui fut un temps connu pour ses activités louables de médecin sans frontières, déclare que les droits de l’homme, c’est OK, mais pas de quoi en faire un secrétariat d’État. Remarquez, on peut se poser la question : un secrétariat d’État qui n’a pas son mot à dire sur la Libye, la Chine, la Russie, ou sur le traitement dégradant infligé aux émigrants clandestins en France… En France, où des SDF meurent de froid, abandonnés ou presque dans les parcs publics.

En Suisse, terre de neutralité et de sagesse, les banques sont au bord de la ruine, et la première formation du pays est un parti d’extrême droite, xénophobe, quasi ouvertement raciste. Un de ses boss, Ueli Maurer, vient d’entrer au gouvernement. Ministre de la Défense…

Aux États-Unis, à Guantánamo, zone militarisée, délocalisée et généralisée de non-droit, on juge les principaux accusés du 11 septembre. Les accusés sont désespérés. Ils veulent juste mourir. Ils plaident coupable sur tout. Le juge, un général, ou un colonel, s’évertue à faire semblant de maintenir une procédure…

Mieux encore, et toujours aux States, le gouverneur de l’Illinois, un certain Rod Blagojevich, a été carrément arrêté, la main dans le sac, pour avoir mis aux enchères le siège du sénateur rendu vacant par l’élection de Barack Obama. Il voulait de l’argent (et un boulot bien pour sa femme). Certains étaient prêts à payer, semble-t-il. Blagojevich est inculpé, bien qu’il soit toujours gouverneur, et les Américains sont consternés. Le procureur le dit : « On a touché le fond. »

C’est facile de caricaturer, surtout venant de nous autres métèques… Mais, parfois, ça fait du bien. Et au moment de conclure, on pense à Barack Obama, notre ami métis, croisement de deux cultures, dont on espère qu’il aura le courage de mettre un peu d’ordre dans le monde des Blancs…