Politique

Le chantre des libertés

Par - Abdelaziz Barrouhi
Mis à jour le 19 décembre 2008 à 08:46

Hassib Ben Ammar, l’un des principaux porte-voix de la société civile tunisienne et ardent défenseur des droits de l’homme, s’est éteint le 15 décembre 2008, à l’âge de 84 ans. Successivement ministre de la Défense, gouverneur et maire de Tunis, il faisait partie du « groupe des libéraux » issu de l’ex-parti unique (dont il a été le directeur) qui s’est dressé contre le pouvoir personnel de Habib Bourguiba dans les années 1970. Président d’honneur et cofondateur, en 1976, de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), il a présidé le Comité des libertés, qui a lancé le premier appel collectif réclamant le respect des libertés publiques et organisé à cet effet une conférence internationale. Bien qu’interdite, celle-ci s’est tenue dans le hall de l’aéroport de Tunis, le 9 juin 1977. Il fonde ensuite l’hebdomadaire indépendant 
Ar-Raï (« L’Opinion »), qu’il présente comme une contribution à la diffusion des idées démocratiques et dont il ouvre les colonnes à toutes les tendances, y compris les islamistes et les communistes. Après l’arrivée au pouvoir de Zine el-Abidine Ben Ali, en 1987, il cofonde, avec le soutien de ce dernier, l’Institut arabe des droits de l’homme (IADH, basé à Tunis), dont il devient le premier président et, à ce titre, se voit remettre, en 1993, le « prix des Nations unies pour la cause des droits de l’homme ».