Société

Sale temps pour les Arabes

Par - Leïla Slimani
Mis à jour le 19 décembre 2008 à 09:49

La crise financière n’a pas épargné les cinquante plus grosses fortunes du Moyen-Orient, qui accusent de lourdes pertes.

Même les cinquante Arabes les plus riches de la planète pâtissent de la crise financière mondiale. C’est ce que révèle le magazine d’affaires en ligne Arabian Business dans son classement annuel des plus grosses fortunes de la région. Selon l’édition du 14 décembre, les cinquante personnalités retenues ont perdu 25 milliards de dollars en quelques mois. Leur fortune cumulée a chuté de 12 %, à 199,48 milliards de dollars, en raison de la dépréciation des valeurs immobilières et bancaires, qui constituent l’essentiel de leurs patrimoines. Car, si les monarchies pétrolières se disent à l’abri de la tourmente financière, leurs marchés boursiers ont déjà enregistré des pertes de 350 milliards de dollars.

L’Arabie saoudite est le pays le mieux représenté dans le classement, avec seize milliardaires cumulant 92,58 milliards de dollars. Le prince Al-Walid Ibn Talal, neveu du roi Abdallah et dix-neuvième fortune mondiale, a perdu, à lui seul, près de 4 milliards de dollars. Il reste néanmoins en tête avec un patrimoine estimé à 17 milliards. Pour la première fois, le journal publie le détail de son patrimoine, qui comprend, entre autres, 5 % du capital de la banque américaine Citigroup et un Airbus A-380 baptisé le « Palais volant », commandé en novembre pour 330 millions de dollars.

En deuxième position, l’homme d’affaires koweïtien Nasser al-Khorafi, dont le patrimoine est estimé à 9,6 milliards. En quelques mois, il a perdu 2 milliards de dollars, soit près de 20 % de ses avoirs. La famille Ben Laden, qui dirige une importante entreprise de BTP, est classée septième avec une fortune s’élevant à 7,2 milliards de dollars.

C’est l’Égyptien Onsi Sawiris qui subit les pertes les plus importantes, reculant de treize places dans le classement. Le président du conglomérat Orascom a dû céder une partie de son activité à une compagnie émiratie. Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire libanaise et fils du Premier ministre assassiné Rafic Hariri, fait son entrée dans le palmarès à la 31e place. Directeur général de Saudi Oger, une firme de BTP, sa richesse est évaluée à 2,6 milliards de dollars. Le classement ne prend pas en compte les dirigeants politiques des pays arabes, dont certains sont pourtant à la tête de fortunes colossales.