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Industrie pharmaceutique: cap sur l

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Maher Kamoun « Il faut se préparer à la nouvelle génération de produits issus des biotechnologies »

Le PDG de la Siphat, président de la Chambre nationale de l’industrie pharmaceutique (Cnip), revient sur les particularités de son entreprise et sur les enjeux stratégiques du secteur.

Par - Propos recueillis à Tunis par Faïza Ghozali
Mis à jour le 19 décembre 2008 à 10:35

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Jeune Afrique : Quelle est la spécificité de la Société des industries pharmaceutiques de Tunisie (Siphat) ?

Maher Kamoun : La Siphat est née en 1989 de la restructuration de la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT). Elle est à part dans le paysage de l’industrie pharmaceutique tunisienne car, outre son statut d’entreprise publique, elle pèse pour 13,67 % dans la production nationale et satisfait à elle seule 6,61 % des besoins du pays en médicaments. Elle a élargi sa gamme de produits et commercialise aujourd’hui 123 produits officinaux et 96 produits hospitaliers. Elle fabrique aussi des produits sous licence pour le compte d’une dizaine de laboratoires étrangers (français, allemands, américains, espagnol et jordanien).

Nous disposons en outre d’un portefeuille de participations dans d’autres entreprises importantes du secteur : 15,97 % de Saiph, 30 % de Pfizer Tunisie, 35 % de Pierre Fabre Tunisie et 5 % du capital de la technopole de Sidi Thabet. Enfin, nous avons été la première entreprise du secteur à être cotée en Bourse, en 2001. À cette occasion, la Siphat a ouvert 32,2 % de son capital aux investisseurs privés.

 

Comment vous adaptez-vous aux mutations en cours, tant sur le plan national qu’international, dans le secteur ?

Nous avons engagé ces dernières années un vaste programme de mise à niveau et investi 3 millions de dinars (1,7 million d’euros) par an en moyenne pour valoriser les ressources humaines, moderniser les équipements et augmenter la capacité de production. Nous avons ainsi consacré plus de 267 000 DT (150 000 euros) à la formation de près de 500 agents en 2007, contre 262 000 DT en 2006. Une nouvelle ligne de remplissage de solutés perfusables en flacons, d’un coût de 2 millions de DT, va nous permettre de produire 3 millions de flacons supplémentaires par an.

Nous sommes aussi en travaux pour accueillir sur notre site un nouveau laboratoire, qui abritera les ateliers de production de la société que nous avons créée en joint-venture avec Pierre Fabre. Tout devrait être prêt pour le quatrième trimestre de 2009. â©

 

Quels sont les défis à venir ?

En septembre 2008, il a été décidé en Conseil interministériel de faire de la Tunisie un pôle d’exportation des produits de santé à l’horizon 2016. Du coup, le ministère de la Santé publique, aidé du ministère de l’Industrie, va lancer une étude stratégique. L’objectif est d’en extraire une feuille de route pour dynamiser l’export.

Par ailleurs, de nouvelles générations de produits vont apparaître, à base de biotechnologies, qui vont être appelés à prendre la place des médicaments chimiques classiques. La Tunisie doit s’y préparer.â©

 

Quelles sont les doléances de la Chambre nationale de l’industrie pharmaceutique, que vous présidez ?

Nous nous sommes réunis le 5 décembre dernier. À l’ordre du jour, nous avions décidé d’étudier les dernières décisions issues du Conseil interministériel de septembre, on a évoqué la possibilité de s’ériger en consortiums pour se renforcer à l’export.

Mais nous avons aussi des revendi­cations sur les prix des médicaments et les procédures d’appels d’offres hospitaliers.