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Face à la grogne en Guadeloupe, Sarkozy reprend le dossier

La tension s’est encore accrue en Guadeloupe, paralysée depuis 27 jours par une grève générale contre le coût de la vie trop élevé. Plusieurs routes sont totalement coupées par des barrages, dont un grand nombre ont été improvisés à l’aide de voiture renversées par des riverains qui ont répondu à l’appel du LKP « au renforcement de la mobilisation ».

Par - Julia Bazzi
Mis à jour le 18 février 2009 à 16:37

Les manifestants ou des riverains utilisent toutes sortes d’objets (frigos, troncs d’arbre…) pour édifier les barrages, rendant très difficile la circulation. L’un d’eux, comptant trois voitures calcinées et gardé par une quinzaine de personnes, barre l’accès à la rocade autour de Pointe-à-Pitre depuis Gosier.

Plusieurs communes de l’île sont en proie à des violences avec des barrages spontanés sur les routes, signalés en plusieurs points de la périphérie de Pointe-à-Pitre. Vers minuit, une dizaine de ceux-ci en feu, sans personne à proximité, ont contraint les voitures à faire demi-tour.

Dans la ville et ses environs, des bandes de casseurs ont sévi et les devantures de plusieurs magasins ont été éventrées. Un magasin d’accastillage nautique a été entièrement détruit par un incendie. Les pompiers, caillassés de toute part, ont mis plus d’une heure pour parvenir sur place après avoir reçu la protection des forces de l’ordre.
 

La tension monte dans l’île. Pour parer à ces violences, les forces de l’ordre ont déjà procédé à une cinquantaine d’interpellations.

Martinique et Guyane également sous tension

Le porte-parole et leader du LKP, Élie Domota, qui mène la grève en Guadeloupe depuis près d’un mois, a préconisé, au cours d’un meeting, "la poursuite et le renforcement de la mobilisation"  jusqu’à satisfaction de leurs "légitimes revendications".

"Notre politique n’est pas d’acheter, comme ce fut tant de fois le cas auparavant, une illusoire paix provisoire", a martelé de son côté le secrétaire d’État à l’Outre-mer Yves Jégo.

Dans la Martinique voisine, en grève depuis onze jours, la situation semble également bloquée. Entre 8.000 (selon la préfecture) et 15.000 (selon les organisateurs) personnes ont manifesté lundi à Fort-de-France. Les gens font la queue devant les stations-service martiniquaises. Un collectif guyanais a lancé un appel à une marche de protestation "contre la vie chère".

Une nouvelle alerte qui signale la possible contagion de la grogne à l’ensemble des Dom.

Face à ce regain de tension, Nicolas Sarkozy a décidé de s’emparer du dossier et d’intervenir directement. Il a donc fixé un rendez-vous jeudi aux élus de tous les départements d’Outre-mer. Il s’agit de la première initiative du président français de puis le début de la crise sociale en Outre-Mer.

D’après AFP, AP et lepoint.fr