Politique

Barack Obama nomme un envoyé spécial pour le Darfour

Le président américain a annoncé mercredi la nomination d’un émissaire spécial pour le Darfour : le général à la retraite Scott Gration. Barack Obama symbolise ainsi son attachement à la résolution du conflit qui déchire depuis 2003 cette province occidentale du Soudan.

Par - Habibou Bangré
Mis à jour le 19 mars 2009 à 15:56

Les Etats-Unis ont un envoyé spécial pour le Darfour (Ouest du Soudan). Le président américain a annoncé mercredi qu’il avait nommé à ce poste le général à la retraite Scott Gration. « Il connaît la région, il a une grande expérience et il a mon entière confiance », a souligné Barack Obama.

En septembre 2006, l’ancien pilote de combat, qui a grandi en Afrique et parle le swahili, avait visité au Tchad un camp de réfugiés Darfouris avec Barack Obama, alors sénateur de l’Illinois.

Sa nomination est un « signal fort de l’engagement pris par mon administration à soutenir le peuple soudanais tout en recherchant un règlement durable pour mettre fin à la violence qui a causé la mort de tellement d’innocents » depuis le début du conflit en 2003, a déclaré Barack Obama.

« Le Soudan est une priorité »

L’élu démocrate a souligné que « le Soudan est une priorité pour cette administration », comme il l’était pour son prédécesseur républicain George W. Bush. Il a précisé que c’était particulièrement le cas « en ce moment, où le besoin de paix et de justice y est aussi criant. La détérioration de la situation humanitaire rend notre tâche d’autant plus urgente ».

La « détérioration de la situation humanitaire » fait référence à l’ordre d’expulsion de 13 ONG internationales opérant au Darfour : elles étaient accusées d’avoir collaboré avec la Cour pénale internationale, qui a lancé le 4 mars un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre le président soudanais Omar el-Béchir.

« Le Soudan rendra des comptes »

D’ici un an, ce sont par ailleurs toutes les organisations humanitaires étrangères qui sont invitées à partir. Le chef de l’Etat soudanais a en effet décidé de transférer leur tâche à des structures locales. Ce qui, de l’avis des organismes visés, va aggraver le quotidien des populations du Darfour. Et notamment des 2,7 millions de déplacés, selon les Nations Unies, qui se révèlent très dépendants de l’aide humanitaire.

Barack Obama a prévenu : « La décision désastreuse prise par le gouvernement soudanais d’expulser les organisations d’aide humanitaire laisse un vide que combleront la pénurie et le désespoir, et il devra rendre des comptes pour les vies qui disparaîtront ». Les Nations Unies estiment que le nombre de morts pourrait s’élever à un million.

Interrogé par Reuters, l’ambassadeur du Soudan auprès de l’Onu a déclaré que son pays « souhaite des engagements constructifs et des échanges normaux avec les Etats-Unis ». Abdalmahmoud Abdalhalim, qui n’était pas au courant de la nomination de Scott Gration, a ajouté : « Nous sommes prêts au dialogue et à la coopération. Nous espérons que ce sera aussi le cas des Etats-Unis ». Reste à voir si les déclarations de Barack Obama ne vont pas froisser Khartoum.