Politique

Kinshasa et la rébellion de Nkunda signent la paix

| Par Jeune Afrique

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La République démocratique du Congo et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ont signé un accord de paix lundi, à Goma (Est). Le texte prévoit entre autres que le CNDP devienne un parti politique et que les ex-rebelles bénéficient d’une loi d’amnistie.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo et la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ont signé un accord de paix lundi à Goma (Est). Cet accord prévoit la transformation du CNDP en parti politique, la libération des membres de l’ex-rébellion détenus par les autorités de RDC et la promulgation par Kinshasa d’une loi d’amnistie des anciens rebelles, selon le document dont l’AFP a reçu copie.

Le document a été signé à Goma, capitale du Nord-Kivu, une province de l’est du pays particulièrement touchée par la guerre civile. Le médiateur dans ce conflit, l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo était présent à Goma ainsi que le représentant de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), Alan Doss. Son nouveau président, Désiré Kamanzi, représentait le CNDP et, côté Kinshasa, le ministre congolais de la coopération internationale et régionale Raymond Tshibanda était également sur place.

Echanges de bons procédés

Le traité de paix prévoit que « le CNDP s’engage à se muer en parti politique et à remplir les formalités légalement requises à cette fin » et qu’il « s’engage à poursuivre dorénavant la quête de solutions à ses préoccupations par des voies strictement politiques et dans le respect de l’ordre institutionnel et de l’ordre de la République ».

Pour sa part, le gouvernement de Kinshasa s’engage à procéder à la libération des ex-rebelles prisonniers et « à assurer leur rapatriement dans leurs lieux d’habitations ». « En vue de faciliter la réconciliation nationale, le gouvernement s’engage à promulguer une loi d’amnistie couvrant la période allant de juin 2003 à la date de sa promulgation et ce conformément au droit international », poursuit le document.

Le CNDP, dirigé alors par Laurent Nkunda, avait débuté sa rébellion dans les collines du Kivu en juin 2003 jusqu’à la défection de ses commandants le 16 janvier 2009, passés dans le camp de Kinshasa.

« Culture de la paix et non de la violence »

Les parties ont aussi convenu « du principe de la création d’une police de proximité entendue comme branche de la police nationale congolaise, à l’écoute du peuple et au service de celui ci ». Le président Obasanjo a félicité les signataires car ils « ont fait preuve de culture de la paix et non de celle de la violence ».

La situation militaire dans le Nord-Kivu s’est stabilisée depuis le passage des commandants du CNDP dans le camp de Kinshasa et l’arrestation au Rwanda le 22 janvier de leur chef, Laurent Nkunda.

L’opération conjointe de pacification entre les armées rwandaise et congolaise menée du 20 janvier à fin février a repoussé les rebelles hutus rwandais du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR) vers l’ouest et le nord du Nord-Kivu, sans les réduire. Les FDLR harcèlent l’armée congolaise, provoquant le déplacement forcé des civils vivant aux alentours. (AFP)

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