Politique

Rajoelina candidat ou pas ?

Le président de la Haute Autorité de Transition (HAT) de Madagascar aurait annoncé qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2010. Une information aussitôt démentie par son entourage, qui préfère laisser planer le doute.

Par - Lauranne Provenzano
Mis à jour le 13 mai 2009 à 13:23

Andry Rajoelina se serait exprimé ce mardi devant les diplomates en poste à Madagascar, depuis le palais d’Iavoloha, apprend-t-on mercredi. Il aurait annoncé qu’il ne souhaitait pas prendre part à la présidentielle. Cependant, le journal français Le Monde indique que les collaborateurs d’ « Andry TGV » ont démenti l’information dans la soirée. « Il n’a rien dit de tel », « le président n’a pas évoqué jusqu’ici la question de sa candidature », auraient-ils déclaré. Le site topmada.com confirme : « Un proche de la HAT a démenti mardi soir l’information des diplomates affirmant la non-candidature de Rajoelina aux élections».

La déclaration présumée du chef de la Haute autorité de transition (HAT) a en tout cas suscité des réactions immédiates. Ses soutiens ont loué son engagement à ne pas participer à l’élection. « Selon la loi en vigueur, il ne peut pas se présenter. Cela prouve que c’est un homme de parole et un homme d’Etat », a déclaré un membre de la HAT, selon les propos rapportés par L’Express de Madagascar.

Priorité à la réconciliation nationale

La Constitution fixe en effet l’âge minimum requis pour être candidat à 40 ans. Or, TGV n’a que 34 ans. Par ailleurs, une charte a été fixée entre les différentes forces politiques malgaches. Elle prévoit que celui qui prend la tête de la transition accepte de ne pas se présenter au scrutin présidentiel suivant.

Depuis son intronisation, Andry Rajoelina a déjà déclaré à plusieurs reprises qu’il n’était pas intéressé par la présidence. Il dit vouloir donner la priorité aux négociations en cours pour parvenir à une réconciliation nationale.

L’élection présidentielle est prévue en octobre 2010, le gouvernement de transition refusant toujours de programmer le scrutin courant 2009 – comme le demandent les diplomates internationaux.

Popularité mise à mal

Du côté des « légalistes », qui considèrent l’accession de TGV à la tête du pays comme un putsch, sa non-candidature à la présidentielle signifierait l’aveu de l’échec de sa politique. Il faut dire que sa cote de popularité a décru ces dernières semaines. Même parmi ses partisans de la première heure, certains déplorent un sentiment de déjà-vu chez le tombeur de Marc Ravalomana.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site Madagascar-tribune.com, Angelina Soamininala, une femme d’affaire malgache et ancienne camarade d’école d’Andry Rajoelina, écrit : « Andry Rajoelina a dit "le peuple donne le pouvoir et reprend le pouvoir". Il a raison, il n’aura pas tort non plus de rendre le pouvoir au peuple (…) par la voix des urnes, il n’aura pas tort non plus de considérer que dans un Etat de droit, l’auto-proclamation n’existe pas ».

De même, la communauté internationale est restée imperméable à l’engouement pro-Rajoelina des premiers jours et n’a eu de cesse de qualifier sa prise du pouvoir de coup d’Etat.

Après plusieurs semaines d’une violente opposition au président Ravalomanana dans les rues d’Antananarivo, Andry TGV s’était vu remettre en mars dernier les pleins pouvoirs par l’armée, qui lui était acquise.