Politique

Au G8 l’Afrique n’a droit qu’aux strapontins

Le sommet des huit pays les plus industrialisés du monde s’ouvre ce mercredi à L’Aquila, en Italie. Les discussions porteront largement sur la sécurité alimentaire, tout particulièrement en Afrique. Un contre-sommet est organisé au Mali par des altermondialistes jugeant le G8 illégitime pour s’occuper des maux du continent.

Mis à jour le 8 juillet 2009 à 14:05

Un contre-sommet est organisé au Mali par des altermondialistes © AFP

Les huit pays (G8) les plus industrialisés du monde ont du pain sur la planche. L’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Japon et la Russie sont en sommet à partir de ce mercredi, et pour trois jours, à L’Aquila, en Italie. Jeudi et vendredi, les Huit seront rejoint par les Etats du G5 (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique).

Au programme : crise économique et financière, commerce international, sécurité alimentaire et climat. Que prévoit le sommet pour combattre ces maux, qui ravagent en grande partie l’Afrique ? Des contributions financières de plusieurs milliards de dollars doivent être annoncées pour assurer la sécurité alimentaire.

Combattre la faim

Une partie de la manne sera injectée dans le secteur agricole des pays en développement. Un fonds d’investissement agricole sera par ailleurs discuté et amélioré, a déclaré à Reuters le président de la Banque Mondiale, organe qui pourrait gérer ce fonds. Un projet qui vise à éviter de nouvelles émeutes de la faim.

« L’idée de renforcer la sécurité alimentaire pour tous dans le monde en développement, notamment en Afrique, est très bonne », a expliqué Robert Zoellick.

Sept présidents africains attendus

Quid de la présence de l’Afrique au G8 ? Le 3 juin, lors d’une réunion des ambassadeurs africains à Paris, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait déclaré que son pays avait « imposé la présence de l’Afrique dans tous les dialogues internationaux à partir de cette crise. Et nous allons maintenir pour septembre, et pour la réunion du G20, la même attitude ».

Au final, à peine deux poignées de pays africains, sur plus d’une cinquantaine, vont participer au G8. Sont attendus les chefs de l’Etat algérien, égyptien, sénégalais, sud-africain, éthiopien et angolais. Le « guide » libyen Mouammar Kadhafi, également président en exercice de l’Union africaine, doit également assister au sommet.

« Donner mauvaise conscience aux pays riches »

Rien de valable, selon la section malienne des Coalitions africaines dette et développement (CAD), qui souligne que le G8 n’a reçu « aucun mandat » pour élaborer des « programmes et stratégies de développement au nom de l’Afrique ».

D’où son « Forum des peuples », qui se tiendra de mercredi à vendredi à Bandiagara, dans le Nord du Mali. « Il n’y aura aucun sujet tabou. Nous parlerons de tout avec les paysans venus de plusieurs pays africains, avec des altermondialistes, avec les intellectuels. Nous voulons donner mauvaise conscience aux pays riches », a dit Barry Aminata Touré, présidente du CAD-Mali.

Les échanges, poursuit-elle, porteront sur les « défis que pose la crise financière internationale aux populations, mouvements sociaux et gouvernements africains ». Une « conférence populaire paysanne » sera également organisée. Ce cadre doit permettre de discuter des politiques agricoles en Afrique et du rôle que devrait normalement occuper l’Afrique dans l’économie mondiale et le marché international.

(avec agences)