Politique

Exclusif : Après sa suspension, Salif Diallo risque une exclusion du CDP

En disgrâce depuis sa sortie du gouvernement de Tertius Zongo en mars 2008, l’ancien ministre d’Etat Burkinabè chargé de l’Agriculture, Salif Diallo, a été suspendu, le 17 juillet, de toutes les instances du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), parti au pouvoir au Burkina dans lequel il occupe le poste stratégique de Vice-Président chargé de l’Orientation de cette formation. Cette décision a été prise à l’unanimité des membres du Bureau Exécutif.

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Mis à jour le 17 juillet 2009 à 18:42

 L’ancien homme fort du régime et bras droit de Blaise Compaoré paye ainsi les propos critiques tenus, début juillet, à l’égard du régime dans une interview accordée au quotidien Burkinabè L’Observateur Paalga. Dans cet entretien, le premier depuis sa nomination comme ambassadeur en Autriche, une chancellerie considérée comme secondaire pour le Burkina, Salif Diallo prône une dissolution de l’Assemblée nationale et évoque la nécessité de « refonder » les institutions de ce pays. « En d’autres termes remettre en ordre le régime », estime un diplomate. Pour Rock Marc Christian Kaboré, président du CDP et président de l’Assemblée nationale du Burkina, « ces propos malencontreux sont une violation flagrante de nos statuts qui imposent un débat interne sur ces questions de fond ». Convoqué et écouté à plusieurs reprises par la direction du parti depuis cette interview, Diallo, à qui l’on prête une « tentative de déstabilisation du CDP », refuse de revenir sur ses propos. Une lettre de la Commission de contrôle lui a été adressée le 9 juillet. L’ancien ministre a rencontré Rock Marc Christian Kaboré, à Paris, le 11 juillet. Il s’est également expliqué une dernière fois devant le Bureau Exécutif, le 16 juillet, avant que ce dernier ne prenne sa décision. Le « cas Diallo » sera à nouveau étudié lors du IVè Congrès du CDP qui se tiendra à Ouagadougou, du 23 au 25 juillet, prochain. « S’il ne s’amende pas, une décision d’exclusion n’est pas impossible », explique Rock Marc Christian Kaboré.