Dossier

Cet article est issu du dossier «À l'heure du ramadan»

Voir tout le sommaire
Sport

Jeûner ou gagner, l’Égypte a choisi

| Écrit par Khatidja Kassam
Une instance religieuse égyptienne s'est emparée de la question du jeûne des sportifs

Une instance religieuse égyptienne s'est emparée de la question du jeûne des sportifs © DR

Franck Ribery, Kolo Touré… Ils sont des dizaines de footballeurs, parmi les plus grands, directement concernés par la question du jeûne durant la période de Ramadan. Si les joueurs restent plutôt discrets sur cette question, une instance religieuse égyptienne s’est récemment emparée de la question. Et suscite la polémique.

C’est un débat récurrent à l’occasion de la période du Ramadan. Comment les grands footballeurs internationaux de confession musulmane parviennent-ils à concilier jeûne et compétition de haut-niveau, privation durant la journée et exercice physique ? A sa manière, l’Egypte vient d’apporter sa réponse.

La rupture du jeûne autorisée

La semaine dernière, Dar Al-Ifta, une haute autorité islamique, a prononcé une fatwa autorisant les footballeurs à ne pas jeûner durant le mois du Ramadan. En tant que pilier des institutions islamiques en Egypte, son rôle consiste à répondre aux questions religieuses intéressant le grand public et remettre son avis aux institutions judiciaires égyptiennes.

Cette année, et pour la première fois, Dar Al-Ifta s’intéresse aux sportifs. Ibrahim Nigm, son porte-parole, explique que « si un joueur doit participer à des matchs et que le jeûne affecte ses performances, alors il peut le rompre ». La raison de cet édit religieux est en fait la préparation de la Coupe du monde des moins de 20 ans, qui se déroulera en Egypte à partir du 24 septembre, peu après la fin de la période de jeûne. Ce décret pose une question simple : est-ce qu’un devoir religieux sacré peut être bafoué pour un simple match de football ?

D’un côté, ce sont les joueurs de l’équipe nationale égyptienne eux-mêmes qui refusent de suivre la fatwa. Le président de la Fédération égyptienne de football, Samir Zaher, l’avait assuré et les joueurs l’ont mis en application lors du match face au Rwanda, le 5 septembre dernier à Kigali. De l’autre côté, c’est le Front des oulémas d’Al-Azhar, qui passe pour la plus haute autorité de l’islam sunnite, qui s’offusque et déclare sur son site Internet que « jouer, c’est jouer, ce n’est pas une activité essentielle dans la vie qui justifie de rompre le jeûne du Ramadan ».

Une telle fatwa est la première concession accordée par une autorité islamique à des sportifs.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3094_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte