Archives

Zone Franc : croissance en repli dans un contexte « très difficile »

La situation de la zone franc est moins bonne que celle du reste de l’Afrique ont constaté, mardi, les ministres des Finances des Etats membres. Mais leur politique budgétaire et l’arrimage à l’euro permet aux pays membres de résister à la crise financière internationale.

Par
Mis à jour le 2 octobre 2009 à 11:00

© DR

Ils étaient tous là, ce mardi 29 septembre, dans les salons huppés du 7ème étage de « Bercy », siège du ministère français de l’Economie, des Finances et de l’Industrie (Minefi), pour évoquer la situation de la Zone Franc au terme de la traditionnelle conférence de presse ponctuant la réunion d’automne.

Selon les ministres des finances des 15 pays ayant le franc CFA comme monnaie commune, la ministre française Christine Lagarde, les gouverneurs des trois Banques centrales – Beac, Bceao et Comores – ainsi que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, cette situation est moins dramatique que prévu. « Contrairement à l’Europe, l’Afrique n’est pas entrée en récession », affirme l’ivoirien Charles Diby Koffi. Leur poids dans le système financier international explique que ces Etats aient été épargnés par la crise qui frappe l’économie mondiale depuis le dernier trimestre de 2008. L’application d’une bonne politique budgétaire a également permis d’éviter un brutal retournement de conjoncture.

Croissance positive en 2009 malgré un net recul

Mais cette « remarquable résilience » soulignée par Christine Lagarde n’empêche pas au contexte actuel de peser. Celui-ci a ralenti le commerce mondial, faisant chuter les exportations des pays de la zone. Il a également réduit les flux des diasporas. De fait, en 2009, la croissance de l’Afrique sub-saharienne tombera sous la barre des 5%, « la première fois depuis cinq ans », précise Christine Lagarde. Elle ne devrait pas dépasser 1,7% dans l’espace Cemac (4,3% en 2008), durement affecté par la baisse des cours du brut. Les projections sont plus optimistes pour les pays de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest (UEMOA) grâce aux productions vivrières satisfaisantes. 3% sont attendus contre 3,9% l’an passé.

Hausse de l’inflation

Autre signe d’inquiétude, le niveau d’inflation s’emballe depuis deux ans. L’UEMOA enregistre 7,4% contre seulement 2,4% en 2007. Pour les pays de la Cemac, l’évolution des prix est de 5,9% en 2008. Optimisme mesuré donc, d’autant que les signes de reprise de l’économie mondiale ne sont pas tangibles même si les projections du Fonds Monétaire International (FMI) publiées ce jour tablent sur un « rebond » pour le continent africain en 2010 avec 4%. Les pays de la zone entendent donc profiter des prochaines assemblées générales du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale, à Istanbul, en Turquie, les 6 et 7 octobre, pour réclamer un soutien sur des programmes précis susceptibles de relancer la machine économique, à commencer à travers le secteur énergétique.

Les révélations de Jeune Afrique non démenties

Evoquées au cours de la même conférence de presse, les informations de Jeune Afrique faisant état d’un détournement de 30 millions d’euros entre 2004 et 2008 au Bureau Extérieur de Paris (BEP), antenne de la Beac en France, ont été confirmées par le gouverneur, Philibert Andzembé. « Des sanctions ont déjà été prises et la justice a été saisie. J’entends agir dans la plus totale transparence », a-t-il expliqué. « La France veillera scrupuleusement à ce que les poursuites engagées fasse toute la lumière sur cette affaire », a insisté pour sa part Christine Lagarde. Peu avant de monter dans son véhicule, le gouverneur Andzembé a confié que lui-même, comme d’autres responsables de la banque centrale, serait prochainement entendu dans le cadre d’un audit interne et indépendant en cours au sein de la Beac.

 

Pour consulter le rapport annuel 2008 de la zone franc : c’est ici .