Energie

Algérie : Amimer à l’attaque de l’Afrique

L'entreprise a notamment construit une centrale pour la société publique Sonelgaz à Illizi. © Animer

Leader en Algérie, le fabricant de groupes électrogènes et de centrales électriques veut se positionner sur le reste du continent. Avec l'appui de son nouvel actionnaire, Tuninvest.

Amimer Énergie veut s’africaniser. Le fabricant de groupes électrogènes civils et militaires et de centrales électriques clés en main, fondé en 1989, souhaite faire passer de 6 % à 15 % la part de ses revenus réalisés sur le continent (hors Algérie). « Nous fondons beaucoup d’espoirs sur l’Afrique. La croissance du monde va passer par ce continent, il faut absolument s’y positionner », assure Amar Boukheddami, patron et fondateur de cette PME de 700 employés.

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info Filiale AnimerPrésent depuis 2006 à Nouakchott via la centrale de Ksar, Amimer travaille actuellement sur un projet de fermes éoliennes en Mauritanie. Mais les ambitions de son dirigeant sont bien plus larges : « Un partenariat est en projet au Tchad. Nous visons des marchés en Côte d’Ivoire, au Niger et au Sénégal. Ces pays ont des besoins considérables, et nous avons les moyens et la volonté d’y répondre. » Les 48 pays au sud du Sahara ont une production installée de 68 GW, selon la Banque africaine de développement (BAD). « À peu près autant que l’Espagne pour vingt fois plus d’habitants », soulignait récemment une étude du cabinet Baker & McKenzie.

Associé

Pour sa stratégie africaine, Amimer dispose d’une structure dévolue à l’exportation, composée de trois personnes qui multiplient études de marché et prises de contact. Leur premier objectif sera de trouver des distributeurs locaux pour ses groupes électrogènes. En outre, le leader algérien a trouvé un associé de poids : Tuninvest. Le capital-investisseur tunisien, qui compte trois bureaux au sud du Sahara et des participations sur tout le continent, a pris 36 % des parts de la société familiale en mars. Objectif ? Accompagner Amimer en matière de management et de gestion pour le faire grandir et l’aider à développer ses activités en Afrique, notamment en apportant son expertise en termes de financement de projets. « Avant d’investir, Tuninvest a siégé au conseil d’administration de la société pendant plusieurs années. Cela nous a permis de nous connaître et de nous adapter », explique Amar Boukheddami.

Revendiquant un chiffre d’affaires de 5 milliards de dinars en 2012 (47 millions d’euros), Amimer est parvenu à s’imposer en Algérie (46 % de part de marché dans le domaine des groupes électrogènes) face à des firmes étrangères très présentes. Parmi celles-ci, des poids lourds comme l’américain General Electric ou l’espagnol Iberdrola. En répondant aux appels d’offres de sociétés publiques comme Sonelgaz, en construisant des centrales électriques pour des groupes privés comme Cevital ou en travaillant avec l’État sur les énergies renouvelables, Amimer a su tirer son épingle du jeu. Ses usines de production utilisent à 80 % des composants et matériaux locaux, offrant une bonne compétitivité et une meilleure adaptabilité au climat africain. Un atout de plus pour répondre à des appels d’offres étatiques en Afrique… et dépasser l’objectif de chiffre d’affaires qu’Amimer s’est fixé pour 2013 : 65 millions d’euros.

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