Politique

Konaté veut purger l’armée

Par
Mis à jour le 10 décembre 2009 à 09:36

Le ministre de la Défense et numéro deux de la junte veut se débarasser des « mauvaises graines ».

Le ministre guinéen de la Défense, le général Sékouba Konaté, qui dirige le pays "par intérim" depuis que le chef de la junte a été blessé au cours d’une tentative de meurtre, a appelé mercredi les soldats à "la discipline" et "la cohésion".

"Il y a quelques jours que notre président a échappé à un attentat (…): c’est une honte pour notre nation, c’est une honte pour notre armée", a déclaré le général, devant les militaires en armes, dans un reportage diffusé mercredi soir au journal de la télévision d’Etat.

"La discipline était complètement bafouée, il faut faire revenir la discipline", a souligné le général, au cours d’une tournée dans trois unités militaires de Conakry. "Nous demandons aussi la cohésion (…) L’armée est indivisible, on est une famille", a-t-il insisté.

"Lutter contre les mauvaises graines"

"Nous ne devons plus laisser des gens indésirables agir en notre sein (…). Il faudrait que vous-mêmes vous nous aidiez à lutter contre les mauvaises graines, les éliminer carrément de nos rangs", a-t-il dit.

Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, avait été porté au pouvoir par un putsch, le 23 décembre 2008, après la mort des suites de maladies du dictateur Lansana Conté qui dirigeait le pays depuis 1984.

Le 3 décembre, le capitaine Camara a été blessé par balles, à la tête, par son aide de camp, Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba. Evacué au Maroc, il y a été opéré et reste hospitalisé à Rabat.

Le général Sékouba Konaté, ancien commandant du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA, unité d’élite de l’armée guinéenne), était en mission officielle au Liban au moment de la tentative de meurtre. Une tentative qui a eu lieu deux mois après le massacre d’opposants par les forces de sécurité, à Conakry le 28 septembre, qui avait fait au moins 150 morts selon l’ONU.

"Soyons une armée républicaine"

S’adressant plus particulièrement aux jeunes soldats, le général a déclaré: "soyons une armée républicaine, notre pays a trop souffert, la population civile a trop souffert des agissements de certains de nos camarades".

"Nous avons quatre priorités: la reconstruction des camps (militaires), la formation des hommes, l’équipement des hommes et le renforcement de la discipline, parce qu’un militaire sans formation, c’est un criminel", a-t-il expliqué.

Que devient Toumba ? Il serait "en lieu sûr" en Guinée. Sa tête est mise à prix et les militaires le traquent sans relâche. "Les enquêtes vont bon train, nous espérons que ce n’est qu’un problème de jours pour rattraper le fugitif", a déclaré mercredi le ministre secrétaire permanent de la junte, le colonel Moussa Keïta, à divers médias dont l’AFP.Selon lui, "une centaine de militaires" a été arrêtée depuis la tentative d’assassinat contre Dadis.