Politique

L’aile dure de la junte sur le pied de guerre

Une partie des militaires au pouvoir s’oppose vivement à l’envoi d’une force d’interposition en Guinée, comme le propose le secrétaire général de la Cedeao. Elle menace même de riposter si jamais le déploiement se fait sans son accord.

Mis à jour le 14 décembre 2009 à 12:37

Moussa Dadis Camara est hospitalisé au Maroc depuis la tentative d’assassinat contre lui © AFP

Mohamed Ibn Chambas a-t-il ouvert la boite de Pandore ? Le président de la Communauté économique de développement des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a proposé le « déploiement préventif d’une force de protection des civils et d’assistance humanitaire », le 13 décembre à Ouagadougou, lors de la neuvième session du Groupe international de contact pour la Guinée (GIC-G). La mission de cette force ? Contribuer à « l’instauration d’un climat de sécurité pour la population guinéenne ».

A l’annonce de la proposition, le sang de du colonel Moussa Keïta n’a fait qu’un tour. « L’envoi de toute force étrangère sur le sol guinéen sans l’autorisation préalable du gouvernement sera considéré comme une atteinte à l’autorité de l’Etat et à l’intégrité du territoire national », a déclaré le ministre-secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte).

« Les pays qui prétendent envoyer des forces, a-t-il menacé, je les invite à s’abstenir, parce que si réellement ils le font, nous considérerons leurs actes comme une déclaration de guerre. Par conséquent, des dispositions seront prises. »

Les autres militaires putschistes, de plus en plus divisés, partagent-ils l’avis de Moussa Keïta ? Le ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté, ne s’est pas exprimé sur la question. Or, sa position reste cruciale : c’est lui qui assure l’intérim du capitaine Moussa Dadis Camara, hospitalisé au Maroc depuis la tentative d’assassinat, le 3 décembre.

(avec AFP)

Retrouvez le portrait de Sékouba Konaté dans le numéro de Jeune Afrique en kiosque cette semaine