Politique

La Mauritanie durcit la législation contre le terrorisme

Un projet de loi voté lundi soir, trois semaines après l’enlèvement de trois ressortissants espagnols.

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Mis à jour le 15 décembre 2009 à 14:43

Le rapt de trois Espagnols a été un coup dur pour le président Abdelaziz et son armée © AFP

Le gouvernement mauritanien a adopté lundi soir un projet de loi renforçant la législation contre le terrorisme, qui autorise notamment les écoutes téléphoniques et supprime la prescription, rapporte mardi l’Agence mauritanienne d’information (AMI, publique).

"Le présent projet de loi vise à combler les insuffisances constatées dans la législation nationale en matière de lutte contre le terrorisme et à adapter celle-ci aux exigences d’une réponse appropriée à ce fléau", a indiqué le ministre mauritanien de la Défense, Hamadi Ould Hamadi, cité par l’AMI.

Selon le ministre, la nouvelle législation permettra de placer les suspects sur écoute téléphonique, de fouiller leur domicile "à tout moment" alors que la loi en vigueur interdit les perquisitions au-delà de 22 heures.

Le principe de la "prescription" en matière de terrorisme est abandonné dans la nouvelle loi. "Les actes criminels très anciens, vieux de plus de 20, 30 ans, pourront encore être poursuivis et punis", a précisé le ministre.

Aucune précision n’a été apportée sur la durée de la prescription en vigueur en matière de terrorisme.

Mâter AQMI

Ce texte a été présenté lundi soir par le gouvernement, trois semaines après l’enlèvement de trois ressortissants espagnols sur la route Nouadhibou-Nouakchott, revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Ce rapt a été un coup dur pour le président Mohamed Ould Abdelaziz et son armée. Depuis plusieurs semaines, ils s’emploient à afficher leurs capacités d’action face à la menace d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Du 5 au 9 novembre, la Grande Muette a invité une quinzaine de journalistes à suivre le Groupement spécial d’intervention aux confins du Sahara et du Sahel. Objectif : montrer comment cette unité spéciale traque les terroristes.

Le 27 octobre, à Paris, Ould Abdelaziz renouvelait auprès de Nicolas Sarkozy sa détermination à mater AQMI. Avec l’aide de la France, qui a placé en « Aziz » l’espoir d’une sécurisation de la Mauritanie – Total opère dans le bassin du Taoudenni, zone exposée – ne lui ménageant pas son soutien avant son élection.

(Jeune Afrique avec AFP)