Politique

Aminatou Haidar : « mes positions ne se vendent pas aux enchères »

La militante sahraouie Aminatou Haidar affirme qu’elle reste fidèle à ses positions, et qu’aucune contrepartie n’a été demandée par le gouvernement marocain pour la laisser rentrer au Sahara occidental.

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Mis à jour le 19 décembre 2009 à 09:51

Aminatou Haidar, ici le 17 novembre à Arrecife aux Canaries © AFP

La militante sahraouie Aminatou Haidar a déclaré vendredi sur la chaîne France 24 qu’elle restait fidèle à ses positions, soulignant qu’il n’y avait "pas eu de condition ni de contrepartie" entre elle et le pouvoir marocain pour son retour au Sahara occidental.

Les autorités marocaines, sous la pression internationale, ont permis à Aminatou Haidar de revenir dans la nuit de jeudi à vendredi au Sahara occidental, après une grève de la faim de plus d’un mois aux Canaries (Espagne).

"Il n’y a pas eu de conditions ni de contrepartie, mes positions ne se vendent pas aux enchères", a-t-elle déclaré, selon la traduction en français assurée par la chaîne, interrogée après son arrivée à Laâyoune (Sahara occidental).

"J’ai été informée hier par le président du gouvernement espagnol José Luis Zapatero, j’ai été transportée dans un avion spécial vers la ville occupée de Laâyoune", a-t-elle ajouté.
"Je n’avais pas de passeport quand je suis arrivée à l’aéroport de Laâyoune, mon passeport a été remis à ma soeur qui m’accompagnait", a-t-elle encore déclaré.

Ping pong diplomatique
Agée de 42 ans et mère de deux enfants, Aminatou Haidar avait été refoulée le 14 novembre de Laâyoune, au retour d’un séjour aux Etats-Unis, où elle avait reçu un prix en faveur des droits de l’Homme. Les autorités marocaines lui reprochaient de n’avoir pas voulu accomplir les formalités nécessaires, en refusant d’inscrire sur un formulaire qu’elle entrait "au Maroc", en arrivant au Sahara occidental.

Elle avait été hospitalisée dans la nuit de mercredi à jeudi à la suite de violentes nausées et de douleurs abdominales causées par sa grève de la faim.

Cette affaire a donné lieu à un ping-pong diplomatique entre Madrid et Rabat, Paris intervenant finalement pour, semble-t-il, débloquer une situation qui paraissait sans issue. Le ministère marocain des Affaires étrangères a indiqué avoir accédé à la demande de "pays amis et partenaires", mais a souligné que Rabat restait ferme sur "le respect total de la loi marocaine, par tous, sans exception et sur l’intégralité du territoire national".

Rabat estime que le Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole annexée en 1975, fait partie intégrante du royaume et propose une large autonomie sous sa souveraineté. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, lutte en revanche pour son indépendance. (avec AFP)