Musique

Hindi Zahra : « Je n’en ai pas fini avec la musique »

| Par Jeune Afrique
HASSAN HAJJAJ / EMI crédit photo

© HASSAN HAJJAJ / EMI crédit photo

Après quinze ans de succès sur les scènes de festivals, l’artiste franco-marocaine attaque l’année 2010 avec son premier album : « Handmade », dont le clip a été réalisé par Tony Gatlif.

Elle s’engouffre dans un taxi. Direction la Maison de Radio France, pour l’enregistrement du Pont des artistes, émission phare de France Inter dont elle est l’invitée. Dur-dur, la nouvelle vie de révélation musicale, lorsque l’on a connu, quinze ans durant, le succès plus confidentiel des scènes underground et des festivals…

Courtisée par les médias français, Hindi Zahra, artiste franco-marocaine, enchaîne interviews et promotion. Et démarre l’année 2010 en fanfare avec la parution de son premier album, Handmade, dans les bacs le 18 janvier sous le label jazzy Blue Note (EMI). Dans la foulée, elle se produira à Cannes à l’occasion des MidemTalents 2010 (du 24 au 27 janvier) qui l’ont sélectionnée parmi 13 jeunes artistes prometteurs dotés d’un « potentiel à l’export ». Entretien.

Vous faites de la scène depuis l’âge de 16 ans, et vous sortez votre premier album à 30 ans. Avez-vous le sentiment d’un aboutissement ?

Non, plutôt d’une continuité. C’est la suite logique de mon parcours et je n’ai pas encore tout dit. Ce n’est pas un aboutissement puisque je n’en ai pas fini avec la musique.

En juin 2008, votre maquette était prête. Pourquoi avoir tant attendu pour sortir cet album ?

Parce que je porte plusieurs casquettes à la fois, en tant qu’arrangeuse, réalisatrice et productrice. Ça prend du temps d’assumer tous ces rôles. J’ai d’ailleurs loué un appartement pendant trois mois où je me suis enfermée pour ne me consacrer qu’à ça. C’était un temps qui m’appartenait et ça ne m’a pas paru long. Je tenais à produire l’album moi-même. J’ai donc signé un contrat sous licence avec Blue Note.

En 2008, vous nous confiez avoir été approchée par plusieurs labels. Pourquoi avoir choisi Blue Note ?

C’est un label que j’admire, qui a sorti de grands noms du jazz et beaucoup de musique instrumentale. Et puis, je connaissais un peu les gens de la maison puisqu’ils me suivent depuis plusieurs années. Surtout, ils me laissaient libre, ce qui est essentiel pour moi.

Pour votre premier clip, « Beautiful Tango », la réalisation a été confiée à Tony Gatlif. Comment s’est faite votre rencontre ?

D’abord, je suis une de ses fans. J’ai vu tous ses films ainsi que son spectacle aux Bouffes du Nord (à Paris, ndlr) qui rassemblait les musiciens de son film Exil, dont des gnaouis. Et j’avais déjà croisé le chemin de sa fille, qui m’avait filmée en concert. Avec Tony, on s’est rencontré en septembre 2009 et, en décembre, on tournait déjà le clip.

Sur les onze morceaux de Handmade, deux seulement sont en tamazigh, la langue berbère. Pourquoi pas davantage ?

J’avais envie de mettre en valeur la langue berbère, mais pas de faire tout l’album en berbère. Je ne suis pas une raïssa, une chanteuse traditionnelle. J’ai d’autres cultures en moi et je veux pouvoir toutes les exprimer. Mais je prépare d’autres chansons en berbère, qui est la langue des mes origines, celle dans laquelle j’ai grandi.

Qui sont vos musiciens ?

Il y a Thomas Naïm, guitariste, avec lequel je travaille depuis des années. Et nous a rejoint Abdenour Djemaï, qui a travaillé entre autres avec Cheikha Remitti et Enrico Macias.

Avec quels artistes aimeriez-vous collaborer par la suite ?

Je n’envisage rien, mais je rêve de travailler avec Tinariwen par exemple. Il y a aussi le groupe mauritanien Doueh, excellent et que j’adore. Nous avons déjà travaillé ensemble à l’occasion d’un festival à Dakhla au Maroc et je suis prête à remettre ça. Autrement, je travaille en ce moment avec El Tanbura, un groupe égyptien de Port Saïd qui puise dans la tradition soufie et qui joue notamment de la simsimiyya (une lyre à 5 cordes datant des Pharaons, ndlr). On prépare quelque chose ensemble pour un nouveau festival qui est sur le point de se créer. Mais chut, c’est encore un secret…
 

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