Société

Yaya Jammeh, « king of reggae » !

Par - Adidiatou Sow
Mis à jour le 22 janvier 2010 à 19:15

Yaya Jammeh prétend avoir trouvé un remède au Sida. Ici avec un « patient » en 2007 © Irin

« My name is El Hadji Yaya Jammeh, I’m the scientist, the doctor, the president who cures aids, asthma… » (« Je m’appelle El Hadji Yaya Jammeh, je suis un savant, un docteur, le président qui soigne le sida, l’asthme… »). Et la foule de reprendre en chœurs : « Yes Mister President ! »
La scène est bien réelle. Elle se déroule dans la nuit du 16 au 17 janvier dernier à Kanilai, le village natal du président gambien Yaya Jammeh, à une centaine de kilomètres de Banjul, la capitale.
Sur un air entraînant de reggae, il fête le troisième anniversaire de la découverte de son « remède » contre le sida : un onguent verdâtre dont il enduit le corps des malades en récitant des sourates du Coran…

Un show d’une heure entière
Selon un témoin (cité par le quotidien sénégalais L’Obs), même la garde présidentielle se dandine devant son chef qui, les manches retroussées, fait des bonds dignes de Bob Marley. Le show a duré pendant une heure entière, montre en main, avant que la nouvelle vedette de la chanson sénégalaise Facoly, qui appartient à l’ethnie diola comme Jammeh (il l’appelle « mboka », « parente »), ne prenne le micro sous une pluie de Dalasis (monnaie gambienne)… Entre temps, « Mister President » a donné rendez-vous à ses fans en 2011 pour une autre fiesta.

8 200 malades du sida
Le problème c’est que, d’ici là, d’autres malades du sida périront sans doute – qu’ils soient passés ou non entre les mains savantes du président guérisseur. En 2008, l’Onusida estimait à 8 200 le nombre de personnes vivant avec le VIH en Gambie. L’existence de cette maladie dans le pays n’a été officiellement reconnue qu’en 2000. Depuis lors plus d’un demi-millier de personnes en sont mortes. Mais cela ne semble pas décourager le « Docteur » Jammeh. Qui prétend, par ailleurs, pouvoir soigner l’impuissance, l’hypertension artérielle ou encore le diabète.