Politique

Yar’Adua prié de transférer ses pouvoirs au vice-président

Umaru Yar'Adua est hospitalisé depuis le 23 novembre en Arabie Saoudite © AFP

Alors que le Nigeria s'enlise dans plusieurs crises, le sénat a demandé au président Umaru Yar'Adua de déléguer ses prérogatives au vice-président Goodluck Jonathan, qui a repris la gestion du pays depuis deux mois.

Le sénat du Nigeria a demandé mercredi au président Yar’Adua, absent depuis plus de deux mois pour raisons médicales, de formellement transférer son pouvoir au vice-président Goodluck Jonathan conformément à la constitution. La décision, annoncée par le président de la chambre haute David Mark, a été prise à l’unanimité.

"A l’issue d’une réunion à huis clos pendant deux jours (mardi et mercredi) le Sénat presse le président Umaru Yar’Adua de formellement notifier l’assemblée nationale (sénat et chambre des représentants) de son absence médicale en application de l’article 145 de la constitution de 1999", précise la résolution adoptée.

Un statut d’intérimaire

Cet article précise que le vice-président assure les fonctions du président en tant que ‘président par interim’, tant que le président n’a pas transmis aux présidents du sénat et de la chambre des représentants une déclaration écrite indiquant qu’il part pour raisons médicales ou qu’il est incapable d’exercer ses fonctions.

Vendredi, la Haute cour fédérale a donné 14 jours au gouvernement pour décider si le président Umaru Yar’Adua, hospitalisé depuis le 23 novembre en Arabie Saoudite, est apte à rester en fonction.

La Haute cour s’est basée sur l’article 144 de la Constitution stipulant que le président doit cesser ses fonctions si les deux tiers des membres du conseil exécutif de la fédération adoptent une résolution le déclarant "incapable d’assumer ses fonctions", après vérification par une équipe de cinq médecins désignés par le président du Sénat.

"Le président n’est pas incapable d’assurer ses fonctions"

Presque simultanément, le ministre de la Justice faisait une déclaration officielle pour attester de la capacité du président à rester en fonction.

Le président Umaru Yar’Adua est apte à rester en fonction et il n’y a pas de raison de le démettre, a en effet déclaré mercredi le ministre de la Justice Michael Aondoakaa au nom du gouvernement fédéral.

"Le président n’est pas incapable d’assurer ses fonctions. Le traitement médical qu’il reçoit hors du pays ne constitue pas une incapacité qui conduise à lancer une procédure de destitution telle que prévue par les articles 144 et 146 de la constitution", a déclaré M. Aondoakaa.

Le pays livré à lui-même

Sans "chef" clairement défini, le Nigeria est actuellement confronté à de sévères difficultés. La ville de Jos a été le théâtre de violences meurtrières entre chrétiens et musulmans pendant plusieurs jours la semaines dernière. La ville, en véritable état de siège, a été placée sous couvre-feu, et près de 300 morts ont été comptabilisés.

Par ailleurs, les groupes rebelles menacent toujours la sécurité dans le delta du Niger. La guerre du pétrole n’est pas terminée, les chefs de groupes armés du Delta pétrolifère du Niger ayant menacé lundi de reprendre les armes.

Leurs actions avaient fait chuter la production du pays d’un tiers depuis 2006 et, après avoir accepté fin 2009 une amnistie présidentielle, ils se disent aujourd’hui "trahis".   (avec AFP)

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