Politique

Clearstream : Villepin, relaxé, veut « tourner la page »

Jeudi 28 janvier, l’ancien Premier ministre français a été relaxé de tous les chefs d’accusation qui pesaient contre lui dans le procès Clearstream. Quatre autres prévenus étaient également jugés dans le cadre de cette affaire de vaste machination politique qui aurait servi à déstabiliser Nicolas Sarkozy. Le président français ne s’est pas encore exprimé sur le jugement.

Mis à jour le 28 janvier 2010 à 13:27

L’ancien Premier ministre français a été relaxé de tous les chefs d’inculpation © AFP

A 10h30, ce jeudi 28 janvier, des dizaines de journalistes venus du monde entier se réunissent en masse devant le tribunal correctionnel de Paris qui doit délivrer son jugement dans l’affaire Clearstream. Une saga rocambolesque dans laquelle l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin était accusé d’avoir essayé de piéger Nicolas Sarkozy – qui s’est constitué partie civile – pour briser ses ambitions présidentielles.

Pas de preuves

Dominique de Villepin, qui dans cette affaire avait quatre co-prévenus, comparaissait pour complicité de dénonciation calomnieuse et recel de listings bancaires falsifiés indiquant que plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy, auraient possédé des comptes occultes à l’étranger. Les magistrats l’ont relaxé malgré l’avis du parquet qui demandait contre lui 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d’amende.

Selon le jugement de 326 pages de la 11e chambre du tribunal, l’accusation de « complicité de dénonciation calomnieuse » n’est pas établie puisqu’il n’existe pas de preuve que Villepin ait donné une instruction frauduleuse. Pourrait-il avoir, par abstention, une responsabilité dans le scandale ? Non : il a également été lavé de cette accusation.

Relaxe et prison ferme

Deuxième relaxé – conformément, cette fois, aux réquisitions du parquet : Denis Robert. Le journaliste était poursuivi pour recel d’abus de confiance et recel de vols pour avoir obtenu les listings et les avoir remis à Imad Lahoud, le mathématicien franco-libanais reconnu coupable à la fois de falsification et de complicité de dénonciation calomnieuse. La sanction : trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 40 000 euros d’amende.

Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d’EADS, a pour sa part été déclaré coupable de dénonciation calomnieuse, d’usage de faux et de recel d’abus de confiance. C’est lui qui avait transmis les fichiers falsifiés à la justice. Il écope de trois ans de prison, dont 21 mois avec sursis, et 40 000 euros d’amende.

Villepin sans rancune

Enfin, l’ex-auditeur de la société Clearstream, Florian Bourges, a pour sa part été déclaré coupable d’abus de confiance pour avoir remis à Imad Lahoud les fameux listings. « Contrairement à ce qu’il prétend, [Florian Bourges] ne pouvait ignorer le caractère confidentiel des documents extraits des serveurs » de Clearstream, ont estimé les juges, qui l’ont condamné à quatre mois de prison avec sursis.

Dominique de Villepin déclare ne nourrir ni rancœur ni rancune dans toute cette affaire, et indique qu’il veut "tourner la page" et "servir la France". En revanche, Nicolas Sarkozy, qui célèbre ses 55 ans ce jeudi, a fait savoir après le jugement qu’il souhaitait attendre « de connaître les éléments avant de les commenter ».