Politique

Abdoulaye Wade appelle à une lutte régionale contre Aqmi

Face à la montée de la branche maghrébine d’Al-Qaïda, le président Abdoulaye Wade appelle les pays sahéliens à une plus grande coopération.

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Mis à jour le 2 février 2010 à 10:52

Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 29 janvier à Davos © AFP

La branche maghrébine d’Al-Qaïda (Aqmi) prend de "nouvelles formes très inquiétantes" a estimé le président sénégalais Abdoulaye Wade lors d’un entretien à l’AFP et RFI en marge du 14e sommet de l’Union africaine à Addis Abeba. Il a appelé les pays sahéliens à unir leurs forces pour lutter contre l’Aqmi, qui menace actuellement d’exécuter un otage français enlevé fin novembre au Mali et détient cinq autres otages européens.

"Les pays comme le Sénégal ou le Mali ne peuvent rien faire tout seuls, a-t-il ajouté. Il s’agit d’un problème international. Il faut que les puissances occidentales interviennent aussi".

Ouagadougou : un "très bon" accord

"Je suis en contact permanent avec le médiateur, le président Blaise Compaoré et j’ai été le premier aujourd’hui en séance à prendre la parole pour le féliciter" du "très bon accord" de Ouagadougou du 15 janvier. Cet accord prévoit que les membres du Conseil national de transition, le chef de l’Etat de transition, les membres du CNDD (junte), le Premier ministre, les membres du gouvernement d’union nationale et les membres des Forces de défense et de sécurité en activité" ne "participeront pas" à l’élection présidentielle.

"Mais ce n’est qu’un début et il faut rester vigilant", a-t-il toutefois averti, en espérant que la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 respectera son "engagement de ne pas participer aux élections". Abdoulaye Wade a refusé de s’exprimer sur les multiples reports de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire.

"Prendre la température" au Niger

Il a annoncé qu’il se rendra à Niamey au retour d’Addis Abeba pour prendre "la température dans cette situation très compliquée et voir le président Mamadou Tandja". Le Niger est plongé dans une grave crise depuis que Mamadou Tandja, après dix ans de pouvoir, a dissous le parlement et obtenu une prolongation controversée de son mandat à l’issue d’un référendum constitutionnel. Son deuxième quinquennat, qui expirait initialement le 22 décembre, a été prolongé d’au moins trois ans.

Le président sénégalais a estimé que Mamadou Tandja a "respecté une certaine forme de légalité en organisant un référendum populaire dans les formes. Il ne serait pas sage de nettoyer tout cela d’un trait au risque de créer une nouvelle crise". Saluant l’arrêt des interventions internationales dans ce dossier, notamment de la France, il a souligné la nécessité dans ce dossier d’être "patient, d’aller au rythme de l’arbre à palabres, au rythme de l’Afrique" (avec AFP)