Politique

Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, première candidate à une élection présidentielle

Candidate du CDPA à l'élection présidentielle togolaise.

Née dans une famille de militants, elle est tombée dans le chaudron de la politique dès son plus jeune âge. « À trois ans, j’ai récité un petit discours au président Sylvanus Olympio », raconte-t-elle dans un éclat de rire. Aujourd’hui, à 51 ans, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, qui représentera la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) lors du scrutin du 28 février, est la première femme à briguer la magistrature suprême dans son pays. Une gageure au Togo. Peu importe, Kafui, qui signifie « félicité » en langue ewé, se dit sereine.
« Ce jour est mémorable dans l’histoire  de notre pays le Togo. Mon parti vient de poser un acte historique », commente-t-elle simplement.

C’est en 1989 qu’elle se lance en politique et devient membre fondateur de la CDPA. Rapporteur général du Bureau provisoire de la Conférence nationale souveraine en août 1991, elle se fait fort d’amadouer son président, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, très à cheval sur le protocole. Ce qui lui a d’ailleurs valu le surnom de « le Président me charge de vous dire », expression qu’elle employait souvent. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Diplomate, elle sait aussi être ferme : sa poigne à l’époque inspire un autre sobriquet à son sujet, celui de « Dame de fer ».
Nommée membre du Haut Conseil de la République, elle devient ministre du Bien être social, des droits de l’Homme et de la Solidarité nationale, pour trois petits mois en 1991. Elle a gravi sereinement les échelons au sein de son parti, dont elle est désormais la secrétaire nationale, après avoir eu la charge des questions féminines et où elle a la réputation d’être posée et réfléchie. « Elle est joviale et ne se fâche jamais, assure l’un de ses confrères du CDPA. Et elle a le sens des responsabilités. »

Mais la politique n’est pas son seul dada. Depuis longtemps, Kafui milite au sein de la société civile. Très engagée dans la défense des droits des femmes, elle coordonne le bureau régional de l’ONG Women in Law and Development in Africa (WILDAF) et, depuis 2001, est membre du Comité consultatif de l’African Women Development Fund. Passionnée de droit et enseignante assistante à l’université du Bénin, à Lomé, elle accumule les diplômes en droit privé, en droit comparé et en droits étrangers – obtenus à Lomé et à Paris – et s’est focalisée sur le droit des femmes, des enfants et les questions de développement. Des sujets sur lesquels elle a beaucoup écrit.
Bourreau de travail, elle sait trouver du temps pour ses deux enfants – « Je suis une maman gâteau. Une manière, sûrement, de compenser mes absences. » – regarde peu la télévision, faute de temps, et, catholique pratiquante, lit beaucoup de livres sur la religion.

Surprise, cependant, quand la très sérieuse Brigitte avoue sa passion pour… la danse africaine et les slows. Même si le temps où elle allait en boîte tous les samedis soirs est loin, elle ne rate pas une occasion de danser, pour se détendre.

L’interview exclusive de Faure Gnassingbé est à lire dans le numéro 2561 de Jeune Afrique, en kiosques du 7 au 13 février 2010.

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